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	<title>Archives des Dimanche lecture - L&#039;heure de la prose</title>
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		<title>Des arbres à abattre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai pris le temps. Voici le troisième conseil lecture promis depuis des calendes. Agrémenté comme ils se doit d&#8217;un lien vers une émission de radio qui en parle Après Albertine Sarrazin et son écriture poétique qui part en live à la moindre occasion ; après Émile Ajar et ses formules chocs à vous retourner les tripes, [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">J'ai pris le temps. Voici le troisième conseil lecture promis depuis des calendes. Agrémenté comme ils se doit d'un lien vers une émission de radio qui en parle
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									<p>Après Albertine Sarrazin et son écriture poétique qui part en live à la moindre occasion ; après Émile Ajar et ses formules chocs à vous retourner les tripes, il est venu le temps du Thomas Bernhardt, un écrivain au style… Au style quoi d’ailleurs ? Si j&rsquo;ai laissé traîner, peut-être bien que c’est justement parce que j’ai du mal à répondre à cette question. Un refus d&rsquo;obstacle en bonne et due forme</p>								</div>
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									<p>Comment expliquer notre fascination pour ses longs ressassements, pour ses répétitions à n’en plus finir ? J’écris « notre » parce que <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-culture-change-le-monde/des-arbres-a-abattre-de-thomas-bernhard-un-roman-qui-change-le-monde-2769780">l’épisode de la série « les romans qui ont changé le monde » consacré au livre</a> « des arbres à abattre » confirme qu’il a d’autres aficionados l’Autrichien… ce qui m’a sacrément rassuré parce que je me demandais si c’était normal d’aimer un auteur si tordu</p><p>Son écriture, c&rsquo;est comme de la musique électronique ou du jazz, avec des boucles qui se répètent indéfiniment et qui vivent grâce à des petites variations ajoutées ici et là. J&rsquo;aime beaucoup l&rsquo;expression de l&rsquo;une des écrivaines invitées (je crois que c&rsquo;est Claire Fercak). Elle explique que le romancier semble « épuiser le sens des mots »</p><h1>Humour autrichien</h1><p>Non attendez, je reprends parce que c’est pas trop vendeur mon truc. Dit comme ça, ça fait lecture intello d’un auteur hyper conceptuel. Si vous écoutez l’émission, ce que vous entendrez d’abord, c’est le sourire dans la voix de l&rsquo;écrivain Mathias Énard et de ses deux invitées. Thomas Bernhardt, c’est drôle. « Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux », écrit-il dans un autre de ses romans, « Le Naufragé »</p><p>Attention. Pas d’amant dans l’armoire ni de tartes à la crème. Je dis pas que tout le monde va se fendre la poire. Mais pour ceux qui aiment ce style d&rsquo;humour, Bernardt, c’est un modèle d’écriture pince-sans-rire. Chroniqueur du temps et comique tout à la fois. « C’est Balzac avec une tronçonneuse », dit l’une des deux invitées (cette fois-ci, je crois bien que c’est Sarah Chiche). Dans ses livres, il faut bien reconnaître que l’auteur énonce un nombre incalculable d’horreurs (valait mieux pas être son ami si vous ne vouliez pas vous faire démolir en place publique, valait mieux pas être un Autrichien tout court plus exactement. Ni un artiste. Encore moins un parent), mais son tir aux pigeons, c&rsquo;est un exutoire <br />Voilà c’est ça. Thomas Bernhardt, c’est totalement excessif, mais le lire, c’est comme crier très fort ou se mettre tout à coup à dire un tas de gros mots parce que le marteau a ripé ou qu’un autre truc a mal tourné. Pourquoi t’as fait ça ? Aucune idée, mais ça fait un bien fou !</p><p>PS : <a href="https://lheuredelaprose.fr/ecriture-inspirante/">Mes deux premières lectures inspirantes</a> si vous les avez zappées</p><p>PPS : Jeudi 3 et vendredi 4 avril, je tiendrai un stand sur<a href="https://www.cotedor.fr/agenda/rendez-vous-au-salon-des-seniors-nouvelle-formule"> le salon « Bien vivre en Côte-d&rsquo;Or »</a> avec deux consœurs dijonnaises du collectif « Histoires dites ». Vous ne connaissez pas ? Normal, on vient de le créer</p>								</div>
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		<title>Trois romans à lire ou à écouter</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un os de pied, une préadolescence rock&#8217;n&#8217;roll et un appel à exploiter les forêts. Certaines lectures vous marquent à jamais. Grosse envie ce dimanche d’en évoquer trois. Avec leur auteur dont les écritures sont si inspirantes. Vous n’êtes pas convaincus ? J’ajoute trois conseils d&#8217;émissions de radio qui en parlent mieux que moi Peut-être que je [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Un os de pied, une préadolescence rock'n'roll et un appel à exploiter les forêts. Certaines lectures vous marquent à jamais. Grosse envie ce dimanche d’en évoquer trois. Avec leur auteur dont les écritures sont si inspirantes. Vous n’êtes pas convaincus ? J’ajoute trois conseils d'émissions de radio qui en parlent mieux que moi</h2>				</div>
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									<p><img decoding="async" class="emoji" role="img" draggable="false" src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/svg/1f9b6.svg" alt="&#x1f9b6;" /> Peut-être que je suis juste jaloux parce que ma voix est trois octaves au-dessous de la sienne, mais je n&rsquo;ai jamais été un grand fan de Fabrice Drouelle.</p><p>Dans son émission « affaires sensibles », sur France Inter, il surjoue tellement le faux suspense que si tu lui fais lire une recette de cuisine, tu sais qu’il va essayer de te faire croire que le jaune d’œuf a assassiné la livre de beurre (dans le cul de poule avec la cuillère en bois)</p>								</div>
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									<p>Toujours est-il qu’<a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-lundi-02-fevrier-2026-5814129">il a consacré une émission</a> à Albertine Sarrazin. Et ça c’est chouette parce qu’on n’en parle jamais. Trop rebelle pour faire partie du Club des 27, la romancière est morte à 29 ans et je me demande bien quelle empreinte elle aurait laissée si on l’avait prolongée de quelques décennies.</p><p>Son écriture ne semble respecter aucun code. Elle est libre, comme elle. Part parfois en cacahuètes, comme elle. « La Cavale » par exemple, ça va trop loin pour moi… Comme un feu de paille, la lecture m’a emporté quelques dizaines de pages et je me suis perdu alors j&rsquo;ai abandonné. « L’astragale » en revanche, du moins dans mes souvenirs, c’est parfaitement parfait : une histoire d&rsquo;Amour et de prison tellement improbable que c’est celle qu’elle a vécue. Avec de magnifiques envolées poétiques. Pour ceux qui n’aiment pas la lecture, l&rsquo;adaptation ciné est très bien.</p><h2>Deuxième écriture inspirante</h2>								</div>
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									<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f947.png" alt="🥇" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Si ça fait mal de l’écrire, même mes parents qui viennent d&rsquo;en terminer la lecture doivent l&rsquo;admettre, la plus belle création de 1975 n’est pas la leur, c’est « La vie devant soi », l’histoire d’un Belleville populo des Trente (pas si) glorieuses racontée à hauteur d’enfant. Je ne sais pas vous. Quand j’ouvre un roman, j’espère y trouver une, deux, allez trois phrases qui vont me marquer. Des phrases qui font sourire bêtement. Des phrases dont on se dit : « mais pourquoi ce n’est pas moi qui l’ai trouvée celle-là, boudious ? ».</p>								</div>
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									<p>Je viens de relire mon Émile-Romain Ajar-Gary et c’est bien simple, ce sourire idiot, je l’ai conservé du début à la fin. Une claque à chaque page. Il y a même un chapitre où chaque phrase me semblait plus puissante que la précédente. Ce n’est pas une découverte, mais définitivement, je crois que c’est le roman que je préfère de toute la vie.</p><p>Quelques citations pour la route, mais je pourrais recopier le livre :</p><blockquote><p>« Je me suis mis à siffloter, c’était tout ce que je pouvais dire »<br />« J’ai souvent remarqué que les gens arrivent à croire ce qu’ils disent, ils ont besoin de ça pour vivre »<br />« Les mômes qui se piquent deviennent des habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manques »<br />« Madame Rosa avait un regard comme si elle l’avait perdu et qu’elle le cherchait »<br />« Elle ne voulait pas entendre parler de l&rsquo;hôpital où ils vont faire mourir jusqu&rsquo;au bout au lieu de vous faire une piqûre. Elle disait qu&rsquo;en France on était contre la mort douce et qu&rsquo;on vous forçait à vivre tant que vous étiez encore capable d&rsquo;en baver »</p></blockquote><p>Décidément, c’est spécial France Inter, j’ai enchaîné ma (re)lecture avec la (ré)écoute de<a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/livre-et-chatiment/livre-et-chatiment-du-dimanche-14-novembre-2021-2362412"> l’émission littéraire que lui avait consacrée Clara Dupont-Monod</a> (très bonne écrivaine elle aussi). Écoutez, c’est un bon moment. Je ne sais pas pourquoi ils l’ont arrêtée cette émission ?!</p><p>Ça vous parle ces deux livres ?</p><p>PS : Et l’appel à exploiter les forêts, me demanderez-vous ? Ben, ce sera pour la prochaine fois parce que ça fait déjà trop long là non ? Un indice (pas le droit de souffler, Z…) : ça parlera de fauteuil à oreilles.</p>								</div>
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		<title>Et ça continue encore et encore</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mais qu&#8217;est-ce qui m&#8217;a pris, suite. Dans mon abécédaire de la mémoire et de la biographie, cette semaine, une déclaration d&#8217;amour au Livre, une parenthèse sur la musique et une réflexion sur la nostalgie (contrairement aux apparences, pas de lien entre ces deux mots). 𝐈… 𝐈𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐢𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 Préambule : cet article ne porte que sur [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Mais qu'est-ce qui m'a pris, suite. Dans mon abécédaire de la mémoire et de la biographie, cette semaine, une déclaration d'amour au Livre, une parenthèse sur la musique et une réflexion sur la nostalgie (contrairement aux apparences, pas de lien entre ces deux mots).</h2>				</div>
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									<h2><!--StartFragment --></h2><h2><span class="cf0">𝐈…</span> <span class="cf0">𝐈𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐢𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐫𝐭𝐢𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞</span></h2><p><!--StartFragment --></p><p><span class="cf0">Préambule : cet article ne porte que sur l&rsquo;écriture biographique. Les commentaires sur l&rsquo;IA et la médecine ou l&rsquo;archéologie, n&rsquo;hésitez pas à les manger en salade.</span></p><p><span class="cf1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f976.png" alt="🥶" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf0"> Le Monde a publié il y a quelques jours <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/11/08/pour-les-scenaristes-de-fiction-le-verrou-de-l-ia-a-bel-et-bien-saute_6652733_3246.html">un article</a> qui montre que de nombreux scénaristes qui ne voulaient pas entendre parler d’IA s’y jettent désormais à corps perdu. Flippant.</span></p><p><span class="cf1">De mon côté, j’ai publié dans Science et Vie <a href="https://www.linkedin.com/posts/caroline-zeller-aaa9956_o%C3%B9-va-lia-je-suis-dans-le-dernier-num%C3%A9ro-activity-7389602719054954496-Sk0E?utm_source=share&amp;utm_medium=member_desktop&amp;rcm=ACoAACYeK3wBBjFLrgyN1-n9uNVFyKc5tyIJVNM">une interview</a> de l’artiste Caroline Zeller qui a été pionnière et a travaillé avec l&rsquo;IA pour de grandes boîtes de la mode et du numérique. Elle en décrit son usage immodéré puis son virage à 180°. Réjouissant.</span></p><p><!--EndFragment --></p>								</div>
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									<p><span class="cf0"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f632.png" alt="😲" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf1"> À la CAE Bourgogne, nous avons eu un atelier hyper intéressant sur le sujet il y a quelques semaines. Deux tendances se dégageaient chez les participants : </span></p><p><span class="cf1">Option n°1, dite du scénariste : suivre le mouvement et chercher comment utiliser l’IA dans son métier pour adapter son offre et être plus efficace dans ce qu’on propose </span></p><p><span class="cf1">Option n°2, dite du gars prêt à changer de métier si on n&rsquo;a plus besoin de lui : assumer le fait de tourner le dos à l’IA. Le crier haut et fort à la manière d’un paysan bio qui refuse les pesticides ou d&rsquo;un fabricant de poêles sans PFAS</span></p><p><span class="cf1">Je vous laisse deviner ma team.</span></p><p><!--StartFragment --></p><h2 class="pf0"><span class="cf0">𝐉…</span> <span class="cf0">𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥</span></h2><p class="pf0"><span class="cf2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/270a.png" alt="✊" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf1"> Une biographie ne peut pas ressembler à un journal qu’on aurait écrit au fil des années. D’abord parce que la mémoire est aléatoire. Surtout parce que la manière de rapporter des idées et des événements porte le regard du moment où l&rsquo;on écrit</span></p><p class="pf0"><span class="cf1">On a avec nous du recul et une expérience de vie. Contre nous des préoccupations qui ont évolué, des idéaux qu’on a abandonnés</span></p><p class="pf0"><span class="cf2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f47e.png" alt="👾" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf1"> Je me suis toujours répété comme un mantra : ce n&rsquo;est pas parce que tu as changé d&rsquo;avis que c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui que tu as raison. Pas facile bien sûr, d&rsquo;autant que si on pousse l&rsquo;idée trop loin, ça voudrait dire que la vie n&rsquo;apprend rien ?! </span></p><p class="pf0"><span class="cf1">Mais quand même. Ayons un peu de respect pour le pré-ado ou le jeune adulte qu&rsquo;on a été. Il a des choses à nous dire. Peut-être même que ça sert à ça d’ailleurs une biographie ? </span></p><p><!--EndFragment --></p><p><!--EndFragment --></p>								</div>
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									<h2 class="pf0"><span class="cf0">K…</span> Kit</h2><p class="western"><span lang="fr-FR">Attention, choix de mot un tantinet tiré par les cheveux. Après tout, je ne risque pas grand-chose si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, allez trouver des mots en K, vous !</span></p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f95c.png" alt="🥜" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Il est indiscutable qu’un récit personnel ou collectif est une histoire en kit. Comme avec un meuble, l’enjeu est d’agencer correctement les propos recueillis pour qu’ils fassent sens… sachant que si vous commencez en mettant une vis de travers, tout part en cacahuètes.</p>								</div>
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									<p>Dans mon podcast familial, vous ne pouvez pas savoir le temps que j’ai perdu à déplacer telle anecdote dans un autre épisode, à l’inverser avec une autre, à la remettre à l’endroit où elle se trouvait au départ…</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1fa9a.png" alt="🪚" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Un podcast en kit quoi. <br />C’est bon, ça passe ?</p><p>Le mot auquel vous avez échappé : kiwi. Certes la récolte a été bonne. Certes, écrire son histoire, c’est accepter les pas de côté qui donnent de la saveur au récit. Mais y a des limites !!</p><p><!--StartFragment --></p><h2 class="pf0"><span class="cf0">𝐋…</span> <span class="cf0">𝐋𝐢𝐯𝐫𝐞 </span></h2><p class="pf0"><span class="cf1">Je le concède. Comme beaucoup d’autres &#8211; vous peut-être ? &#8211; je suis un obsédé textuel. Je collectionne : les petits formats, les bien dodus, les qui sentent le chien mouillé, ceux dont l&rsquo;odeur d’imprimerie si caractéristique chatouille le bout du nez.</span></p><p class="pf0"><span class="cf2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2696.png" alt="⚖" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf1"> J’aime faire des piles à lire et des piles déjà lues, classer par affinités selon une logique que même moi, je comprends à peine, ajouter une étagère, puis une autre, puis une autre, puis une autre. </span></p><p class="pf0"><span class="cf1">Au fond, je suis un matérialiste. La liseuse, beurk. J’ai besoin de soupeser, de tourner les pages, de reconnaître les collections, de glisser des marque-pages improvisés et des petits papiers qui m’aident à retrouver les jolies phrases que je compile après coup dans un vieux cahier.</span></p><p class="pf0"><span class="cf1">Les livres que j&rsquo;aime d&rsquo;amour ont une place de choix dans les rayons. Mais ils doivent supporter la cohabitation. Les petits jeunes ne respectent pas leurs aînés. Nom d&rsquo;un chien, on n&rsquo;aurait pas vu ça de notre temps. ils ont pourtant la vie devant eux ces premiers romans. Qu&rsquo;ont-ils fait de nos imparfaits du subjonctif ? </span></p><p class="pf0"><span class="cf1">Qu&rsquo;ils fassent tous bien attention. Surtout les bons. J’aime les regarder, mais jamais longtemps car je les cède sans vergogne à une personne de passage. Je les achète une fois, deux fois, trois fois, c’est infini. Je n’ai aucun respect pour ceux qui me lassent et que je ferme, blasé, au bout de dix ou de cent pages.</span></p><p class="pf0"><span class="cf2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f68b.png" alt="🚋" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf1"> Je ne lis pas vite (je rêvasse trop), alors je lis beaucoup. Chaque année, il y a ce moment où je n’y arrive plus. En 2025, c’était au début de l’été. L’an dernier, à l’automne. Un livre qui me résiste et que je ne me décide pas à lâcher, l’état d’esprit du moment, on ne sait jamais trop. De toute façon, ça ne dure pas. Ensuite, je me rattrape. Je lis dans les transports, les salles d’attente, au coin du feu, dans mon duvet sous la tente. J’aime, par dessus tout, plonger la main dans une boîte à livre et entrer dans une librairie. Quand je me réincarnerai, c’est ça que je ferai : libraire</span><span class="cf1">.</span></p><p><!--EndFragment --></p>								</div>
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									<p class="pf0"><span class="cf0">J’aime suivre pas à pas quelques auteurs contemporains et découvrir après tout le monde un écrivain mort depuis des lustres. Un archéologue qui tombe sur un trésor.</span></p><p class="pf0"><span class="cf0">J’aime les livres qui font rire, mais ils sont rares. J’aime ceux qui bouleversent et ils sont nombreux. J’aime les romans cyniques, des exutoires pour ne pas le devenir. J’aime les livres qui m&#8217;emmènent ailleurs, les livres des grands espaces et même ceux des petits&#8230;</span></p><p class="pf0"><span class="cf0">Je devine la fierté d’avoir un livre à son nom. Le livre de sa vie, comme disent certains biographes. Je mesure la chance d’avoir choisi un métier qui me permet de les accompagner.</span></p><p><!--EndFragment --></p>								</div>
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									<h2 class="pf0"><span class="cf2">𝐌…</span> <span class="cf2">𝐌𝐮𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞</span></h2><p class="pf0"><span class="cf3">Avec un « M » comme métaphore, allons-y gaiement et tant pis pour les musiciens qui ne manqueront pas de se retourner dans leur trombone.</span></p><p class="pf0"><span class="cf3">Voilà ma thèse : si le roman est une symphonie, la biographie est un concerto. Une voix au c</span><span class="cf4">œ</span><span class="cf3">ur du récit et pour le magnifier, un accompagnement fait d’histoires de famille, de vacances à la montagne, de vie dans les années 50 ou 80.</span></p><p class="pf0"><span class="cf5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1fa88.png" alt="🪈" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /></span><span class="cf3"> Reste à choisir l’instrument : le violoncelle quand les événements à rapporter sont lourds, le piano quand on met l’accent sur les souvenirs heureux, deux violons quand l’histoire se raconte en couple, le pipeau si on la réécrit un tantinet</span></p><p class="pf0"><span class="cf3">Et que se passe-t-il quand un narrateur évoque des souvenirs heureux, des événements lourds et qu’il aime bien enjoliver, me demanderez-vous ?! Ouais bon là, c’est une symphonie. Ça ne marche pas mon truc.</span></p><h2 class="western">𝐍&#8230; 𝐍𝐨𝐬𝐭𝐚𝐥𝐠𝐢𝐞</h2><p class="western">Me voilà fort étonné. Mon ami Robert (Le petit, de son prénom) définit la nostalgie comme un regret obsédant, un désir insatisfait. Son cousin Larousse, comme une tristesse vague causée par l’éloignement.</p><p class="western"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f978.png" alt="🥸" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Il est indéniable que pour certains, la nostalgie se résume à ça. Et même que ce rappel permanent à un passé idéalisé confère à la haine du temps présent, à une forme de frustration de la vie, à un refus de vieillir loin du bon vieux temps.</p><p class="western">Mais quand même, ça peut être doux aussi le passé. Parfois, je me demande presque si le présent ne sert pas d&rsquo;abord à se fabriquer des souvenirs pour le reste de la vie ! La nostalgie, c’est aussi se souvenir des belles choses, comme dirait Gaëtan Roussel.</p><p class="western"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/267b.png" alt="♻" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Vu que mes dicos sont des vieux croûtons, j’ai jeté un œil à la définition plus récente du Larousse en ligne qui évoque, quant à lui, un « regret attendri ou désir vague accompagné de mélancolie ». Ah, là, d’accord. Je préfère.</p><p class="western">Si on veut qu’ils nous fassent du bien, on a le droit de faire le tri dans ses souvenirs. On a le droit aussi de faire le tri dans les vieilles définitions des dictionnaires.</p><p>PS : si une seule personne a tout lu, je l&rsquo;informe qu&rsquo;il est 18h30 et que ce dimanche est donc terminé.</p>								</div>
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		<title>Une histoire de cadeau et de gâteau</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/cadeau-biographie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Nov 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dimanche lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire familiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mais qu&#8217;est-ce qui m&#8217;a pris de me lancer dans cet abécédaire de la mémoire et de la biographie ? Cadeau, Distance, Enregistreur, Finalité, Gâteau sucré, Histoire, voilà les six mots de la semaine (le challenge Geneatech est off le dimanche). Inutile de préciser que vous avez le droit de picorer ! C&#8230; Cadeau 🥸 Il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3074" class="elementor elementor-3074">
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Mais qu'est-ce qui m'a pris de me lancer dans cet abécédaire de la mémoire et de la biographie ? Cadeau, Distance, Enregistreur, Finalité, Gâteau sucré, Histoire, voilà les six mots de la semaine (le challenge Geneatech est off le dimanche). Inutile de préciser que vous avez le droit de picorer !</h2>				</div>
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									<h2><strong>C&#8230; Cadeau</strong></h2><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f978.png" alt="🥸" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Il n’est pas rare qu’une biographie ne soit pas payée par la personne appelée à se confier, mais offerte par ses enfants ou petits-enfants. Soit parce qu’ils souhaitent connaître la vie d’avant de leur aïeul, soit parce qu’ils veulent lui dire que cette vie compte pour eux (soit les deux)</p>								</div>
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									<p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f34b-200d-1f7e9.png" alt="🍋‍🟩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Attention au cadeau empoisonné. On n’oblige pas quelqu’un à se raconter. Un extracteur de jus ou l’intégral de Michel Sardou, au pire, on les range dans un placard ou on les revend en douce. La prestation de biographie, c’est plus délicat alors si vous êtes tentés, je ne veux pas vous décourager. Ce cadeau peut être formidable. Mais prenez le temps d’ici Noël de tester l’idée auprès du narrateur potentiel.</p><p>Petit rappel au passage. Qui peut le plus peut le moins. Le cadeau peut être une biographie complète (à l’écrit ou en podcast, comme dirait l’autre. L’autre étant moi en fait), ou le récit de quelques souvenirs qui correspondent à une période de vie, à un événement marquant.</p><p>Autre cadeau que chacun peut se faire illico pour réfléchir à tout cela, le magnifique ouvrage collectif de Biographicus sorti mi-octobre « La biographie racontée par les biographes »</p><h2>D&#8230; Distance</h2><p>J’ai abordé, <a href="https://lheuredelaprose.fr/abecedaire-memoire/">à la lettre B</a>, un premier frein à l’écriture qui est la peur de la banalité. En voilà un deuxième : la difficulté à parler de soi</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2712.png" alt="✒" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Exercice pratique<br />→ Par quelle période de vie commencer votre autobiographie ?<br />→ Quelles anecdotes de lycée conserver ? Jusqu&rsquo;où aller dans le détail ?<br />→ Que faire des questions sous le tapis ? Faut-il les évoquer dès que possible, à la toute fin, au milieu l&rsquo;air de rien, jamais ?</p><p>Sans doute ne savez-vous pas répondre à ces questions. De mon côté, je ne saurais pas en tout cas. Ou alors en prenant beaucoup de temps et en tâtonnant, comme n&rsquo;importe qui.</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f426.png" alt="🐦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Le biographe n’est pas quelqu’un qui écrit mieux que les autres. Il n’est pas non plus quelqu’un de plus psychologue qui comprendrait mieux les choses (oh la la, vraiment pas non). <br />Il est celui qui sait trouver la distance nécessaire pour proposer une écoute active, poser les questions qu’il faut poser, juger que ce qui paraît banal au narrateur est essentiel ; ou au contraire, que la passion de l’oncle Aygulphe pour les oiseaux, on n’est pas obligés d’en faire trois pages même si c&rsquo;est formidable une passion pour les oiseaux et que cet oncle Aygulphe était sans doute quelqu&rsquo;un de très bien</p><p>Tiens, peut-être que je raconterais cette anecdote moi dans mon autobiographie. Au lycée, un copain de copain s&rsquo;appelait Aygulphe. Je croyais que c&rsquo;était un surnom. Un jour, je lui ai demandé : « non mais c&rsquo;est quoi ton vrai prénom en fait ? ». J&rsquo;ai eu tellement honte quand il m&rsquo;a répondu</p>								</div>
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									<h2><strong>E&#8230; Enregistreur</strong></h2><p class="western">Voici venu le temps de parler du meilleur allié du biographe : l’enregistreur numérique. Du moins il paraît&#8230; En ce qui me concerne, je n’en utilise pas ! Sauf quand je fais <a href="https://lheuredelaprose.fr/podcast-de-famille/">des podcasts</a> bien sûr.</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f62c.png" alt="😬" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Je comprends ceux qui ne commencent pas leur interview sans avoir branché leur dictaphone ou leur téléphone. C’est un moyen, expliquent-t-ils, de se concentrer sur l’instant présent. De prêter davantage d’attention à la communication non verbale de son interlocuteur. De moins stresser si on n’écrit pas assez vite aussi !!</p>								</div>
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									<p>En ce qui me concerne c’est tout le contraire… <br />Dans la vraie vie, je ne peux pas m&#8217;empêcher de pérorer. Alors avoir une phrase de retard quand on prend des notes, il n’y a rien de tel pour laisser le silence parler et ne pas rebondir trop vite sur ce qu’on entend.</p><p>En vingt-cinq ans de journalisme, je n’ai enregistré que trois interviews. Deux ratées et une pour la sécurité, mais que je n’ai pas réécoutée. La première m’a traumatisé. Le sujet était complexe et quand je ne comprenais pas quelque chose, je me disais que la réécoute m&rsquo;apporterait des réponses… Sauf que non. Je n&rsquo;ai rien compris. J&rsquo;ai écrit une bouse. J&rsquo;en ai tiré les conséquences</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/26bd.png" alt="⚽" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> En prenant mes notes à l&rsquo;ancienne, je suis à concentré à 110 % comme diraient les footballeurs (hop, tacle glissé – c’est cadeau). Et puis ça me permet de commencer à écrire le texte final donc je perçois ce qui me manque pour qu&rsquo;il soit clair ou harmonieux.</p><p>À chacun sa méthode. Enregistrer en est une. C’est juste que ce n’est pas la mienne.</p><h2>F&#8230; Finalité</h2><p>Pourquoi écrire ? On aimerait répondre « pour le plaisir » et passer à la question suivante. Ça semble difficile avec une biographie.</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/2328.png" alt="⌨" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Le travail n’est pas le même selon qu’on cherche à laisser un témoignage à ses petits-enfants, à se réconcilier avec son passé, à faire un bilan avant de donner une nouvelle impulsion à sa vie, à exprimer un non-dit trop pesant.</p><p>Quant à moi, je vous dirais bien quelle est la finalité de cet abécédaire, mais je n’ai plus d’encre dans mon clavier.</p>								</div>
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									<h2>G&#8230; Gâteau sucré</h2><p>J’aurais pu attendre « Madeleine », mais j’ai une autre idée en « M » alors ce sera « gâteau sucré ».</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f370.png" alt="🍰" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Dans un recueil de souvenirs, difficile de faire l’impasse sur la cuisine qui dit tant de choses de l’univers dans lequel on grandit. La matinée à écosser des petits-pois ne raconte pas la même histoire que le sandwich triangle mangé devant la télé. Le clafoutis aux pommes (si je ne case pas « clafoutis aux pommes » tous les cinq ou six articles, je suis malheureux) n’évoque pas la même culture que le pancake au sirop d’érable ou que le cornet aux amandes. Un gâteau sucré, ça plante un décor.</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f642.png" alt="🙂" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Et puis ce gâteau, il a le même effet dans le recueil que dans une assiette : il donne le smile !<br />Ce n’est pas pour rien que j’ai mis la cuisine au cœur du premier épisode de <a href="https://lheuredelaprose.fr/podcast-famille/">mon podcast familial</a>. J’imagine que ça s’entend à leur intonation, mais il fallait voir le sourire des cousins cousines quand ils évoquaient la soupe, l’oseille, la limonade, le pain grillé, la mousse au chocolat… La vie quoi !</p>								</div>
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									<h2>H&#8230; Histoire</h2><p>L’histoire est la même pour tout le monde. Mais si elle est systématiquement écrite à la plume d’oie par les rois et les nantis, ne nous étonnons pas qu’on ait une lecture si romantique du passé ! <a href="http://biographique https://lheuredelaprose.fr/podcast-femmes/" data-wplink-url-error="true">J’ai évoqué ailleurs</a> ce concept de grande histoire avec un petit h, celle que l’on devine en toile de fond d’un récit</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/262f.png" alt="☯" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> C’est elle bien sûr qu’on cherche lorsqu’on lit des mémoires. Au-delà de la vie de papi-mamie, on a envie de sentir une époque, d’assister à des événements qu’on n’a pas vécus ou de nous replonger dans ceux qu’on a connus… avec un doux parfum de nostalgie et la lucidité du Sage contemporain (je suis en train de lire un roman sur Tchouang-tseu, ça se sent ou ça se sent pas ?)</p><p><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f6ac.png" alt="🚬" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Pas plus tard qu’hier, j’ai évoqué avec mon narrateur du moment la paraffine des pots de confiture, les conserves de légumes, les congélateurs-coffres remplis pour tenir l’année… Et puis la Gitane maïs qui embaume la maison, Jacques Martin, l’instit à l’ancienne qui tomberait aujourd’hui au premier conseil de discipline. Pas de date. Pas de bataille napoléonienne, mais de l’histoire. Assurément.</p><p>OUF !!!</p>								</div>
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		<title>L’art de comprendre d’où on vient</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/quete-memorielle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore une fiction ? Qui plus est, encore une autrice que la moitié d’entre vous doit déjà connaître ? On dirait bien. Mais comme il y a quinze jours, ce pur roman n’en demeure pas moins une véritable quête mémorielle. Ce livre, c’est « l’art de perdre », signé Alice Zeniter, l’histoire d’un harki qui n’a pas choisi [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1754" class="elementor elementor-1754">
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Encore une fiction ? Qui plus est, encore une autrice que la moitié d’entre vous doit déjà connaître ? On dirait bien. Mais comme il y a quinze jours, ce pur roman n’en demeure pas moins une véritable quête mémorielle.
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									<p>Ce livre, c’est « l’art de perdre », signé Alice Zeniter, l’histoire d’un harki qui n’a pas choisi le bon camp. Comme la plupart des Algériens, l’homme est plutôt favorable à l’indépendance, mais il a peur que le nationalisme éteigne la culture kabyle, il n’aime pas les barbus, il n’aime pas la violence, il n’aime pas que les prolos s’attaquent à son confort de notable… alors il finit par faire des choix discutables. Et sa famille les paie sur plusieurs générations.</p>								</div>
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									<p>Pour ceux qui en doutaient encore, « l’art de perdre » rappelle que le roman est un bon moyen de découvrir des pans entiers d’histoire (pour moi, les harkis, c’étaient les Algériens combattant avec les Français, point barre). Ce n’est pas un travail savant bien sûr. C’est la petite étincelle dont on a parfois besoin pour creuser un peu plus.</p><h2>Quête mémorielle</h2><p>Au-delà de ça (et du plaisir simple de la lecture), on saisit assez vite qu’Alice Zeniter utilise la fiction pour raconter l’histoire de sa famille. Pas la vraie histoire, mais une possibilité d’histoire. Toujours cette quête des origines qui nous aide à trouver notre identité.</p><p>Il n’y a pas si longtemps, une membre de mon association de biographes s’étonnait de la demande d’une personne souhaitant une version romancée de l’histoire qu’elle avait à raconter. « Une démarche qui pose question », notait ma consœur. De fait, je ne sais pas si le biographe est le plus qualifié pour ce travail. Moi, j’adorerais partir d’un témoignage et remplir les interstices ou extrapoler des traits de caractères pour en faire une fiction. Mais suis-je légitime pour ça ?</p><p>Quoi qu’il en soit, Alice Zeniter montre que chercher ses origines par le travail romanesque est une option. Elle la justifie dans cette interview de Télérama qui remonte à 2017. « J&rsquo;ai décidé de préserver ceux qui n’avaient pas envie de parler, qui prétendaient ne pas se souvenir. Si j’avais voulu faire une enquête sur ma famille, il aurait fallu que j’insiste, que je force. L’option romanesque me permettait de les laisser tranquille ». Elle souligne au passage qu’une fois le livre achevé, la parole de ses proches a commencé à se libérer. « Je ne regrette pas que les choses se passent dans cet ordre-là ».</p><p>&#8230;<a href="https://lheuredelaprose.fr/rachid-benzine/">À propos d&rsquo;identité</a> et de <a href="https://lheuredelaprose.fr/chronique-pointilliste/">romans qui racontent l&rsquo;histoire</a>&#8230;</p>								</div>
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									<p>Puisqu’on parle de Télérama – désolé pour ceux qui savent déjà et me voient arriver avec mes sabots taille XXL – c’est un petit T pour l’homme, mais un grand T pour un abonné à ce magazine depuis dix-huit générations, j’ai eu le droit, la semaine dernière, à <a href="https://www.telerama.fr/radio/plutot-suhis-ou-vie-a-la-campagne-six-idees-de-podcasts-a-picorer-cette-semaine-7024051.php">un petit laïus</a> sur mon podcast (<a href="https://lheuredelaprose.fr/vie-sans-mobile/">dont j&rsquo;ai parlé là</a>).</p><p>Pour fêter ça (et la journée internationale sans téléphone mobile du 6 février), mon stagiaire de troisième vous a concocté une deuxième bande annonce pas piquée des vers, comme dirait Eric de mon deuxième épisode. Je la mettrai en ligne ce soir à 18 h. Si les choses sont bien faites, vous lisez « vidéo privée » ci-dessous, mais à 18h, elle apparaîtra par magie alors il faudra revenir ! (Sinon, vous la trouverez sur Youtube ou en version audio sur votre plateforme d’écoute préférée).</p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://lheuredelaprose.fr/quete-memorielle/">L’art de comprendre d’où on vient</a> est apparu en premier sur <a href="https://lheuredelaprose.fr">L&#039;heure de la prose</a>.</p>
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		<title>Chronique pointilliste</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/chronique-pointilliste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2025 09:28:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Je ne vais pas m’improviser critique littéraire, mais quand une fiction raconte mieux la réalité que la réalité elle-même, elle mérite qu’on s’y arrête un instant. Dans « du même bois », Marion Fayolle consigne la mémoire du monde paysan. Un coup d’essai. Un coup de maître. Comment qualifier ce roman ? Disons que c’est une chronique familiale [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Je ne vais pas m’improviser critique littéraire, mais quand une fiction raconte mieux la réalité que la réalité elle-même, elle mérite qu’on s’y arrête un instant. Dans « du même bois », Marion Fayolle consigne la mémoire du monde paysan. Un coup d’essai. Un coup de maître.</h2>				</div>
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									<p>Comment qualifier ce roman ? Disons que c’est une chronique familiale pointilliste. Ses personnages sont survolés et n’ont pas grand intérêt en eux-mêmes. Ensemble par contre, ils racontent les hameaux de moyenne-montagne comme si vous y étiez : la ferme qui traverse les générations, le jeu de chaise musicale qui fait qu’en un instant, la gamine se réveille mémé, qu’on lit sur le visage des autres ce qu’on va devenir soi-même, les anciens qui ne comprennent pas ce monde immobile qui se met tout à coup à changer sans eux, la nature indéboulonnable malgré tout.</p>								</div>
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									<p>L’histoire se déroule en Ardèche. Elle est universelle. Et pour qui a la prétention de raconter la vie de gens qui se confient, c’est une lecture qui réjouit autant qu’elle assomme. Je rêve de biographies à écrire dans le Haut-Jura, mais je ne dirai jamais aussi bien les veaux qui découvrent que le sol se mange à la fin de la trêve hivernale, la mort des lapins qu’on ne cache pas aux enfants pour qu’ils s’habituent, la vie à l’étable, à l’écurie, dirait-on dans le Jura.</p><h2>Vingt dieux</h2><p>Certaines envolées lyriques avancent sur le fil du rasoir ; entre le niais et le sublime. Certains trouveront peut-être que ça bascule du mauvais côté. Moi, non. J’adore ce type de phrases pour évoquer une soirée dansante : elle « <em>n’a pas le sens du rythme, préfère rester en bordure de la fête, sentir juste les éclaboussures</em> ». Ça me parle tellement ! J’aime aussi cette idée que quelqu’un choisisse de perdre la tête pour oublier sa peur de mourir.</p><p>Petit coucou à ma sœur qui a fait des bons choix cette année à la Noël (je suis en train de terminer « Les oubliés du dimanche », pas mal aussi dans le genre quête de mémoires). Quel plaisir ces lectures de week-end auxquelles on ne s’attend pas et durant lesquelles vous vous surprenez à sourire bêtement, voire à pousser des soupirs quand vous venez de vous prendre une phrase en pleine face. En quelques semaines, j’ai découvert Louise Courvoisier et son film « Vingt dieux », crochet du gauche ; et donc « du même bois » de Marion Fayolle, crochet du droit. On a quand même de sacrées jeunes autrices capables de nous parler des campagnes reculées de manière à la fois réaliste et poétique. Un premier roman en plus. Gallimard, magne-toi de lui en commander d’autres.</p>								</div>
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		<title>Ce que l’on cherche dans la mémoire de ses ancêtres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’ai profité des vacances pour souffler sur la poussière des cahiers dans lesquels je consigne les jolies phrases trouvées dans mes lectures. Je vous livre une réflexion d’Amin Maalouf sur la mémoire, sur ce que nous disent nos ancêtres, sur ce qui donne du sens à ce qu’on fait. Dans ces cahiers, Amin Maalouf figure [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">J’ai profité des vacances pour souffler sur la poussière des cahiers dans lesquels je consigne les jolies phrases trouvées dans mes lectures. Je vous livre une réflexion d’Amin Maalouf sur la mémoire, sur ce que nous disent nos ancêtres, sur ce qui donne du sens à ce qu’on fait.</h2>				</div>
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									<p>Dans ces cahiers, Amin Maalouf figure en bonne place derrière des auteurs comme Romain Gary ou John Steinbeck. D’abord parce que je l’ai beaucoup lu. Surtout parce qu’il écrit des choses très intelligentes le Monsieur. Je l’ai d’ailleurs déjà cité <a href="https://lheuredelaprose.fr/rachid-benzine/">ici même</a> pour un autre livre. Quand je tombe sur un roman bien écrit mais dont l&rsquo;intrigue est un peu light, j&rsquo;ai même créé une catégorie Maalouf qui fait beaucoup rire ma sœur : celle des grands auteurs à qui il ne manque que l’imagination (parce que de ce côté là, c’est pas toujours foufou ses livres).</p>								</div>
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									<p>Dans <a href="https://www.babelio.com/livres/Maalouf-Origines/10987">son essai, Origines,</a> il évoque ses ancêtres et on comprend vite que si lui et son neveu trompettiste (Ibrahim) ont du talent, ils ont de qui tenir. Amin profite de ses investigations pour s’interroger sur ce besoin qu&rsquo;il a et qu&rsquo;on a tous parfois de farfouiller dans notre généalogie et de nous pencher sur la vie de nos aïeux. Voici la citation :</p><h2>« Certains penseront (…). Laissons les morts enterrer les morts, et occupons-nous de notre propre vie ! Aucun besoin pour nous, il est vrai, de connaître nos origines. Chacun traverse les années qui lui sont imparties, puis s’en va dormir dans sa tombe. À quoi bon penser à ceux qui sont venus avant nous puisque pour nous ils ne sont rien ? À quoi bon penser à ceux qui viendront après puisque pour eux nous ne serons plus rien ? Mais alors, si tout est destiné à l’oubli, pourquoi bâtissons-nous, et pourquoi nos ancêtres ont-ils bâti ? Pourquoi écrivons-nous, et pourquoi ont-ils écrit ? Oui, dans ce cas, pourquoi planter des arbres et pourquoi enfanter ? À quoi bon lutter pour une cause, à quoi bon parler de progrès, d’évolution, d’humanité, d’avenir ? À trop privilégier l’instant vécu on se laisse assiéger par un océan de mort. À l’inverse, en ranimant le temps révolu on élargi l’espace de vie ».</h2><p>Franchement, à part le fait que tous les rédacteurs SEO vous diront qu’il a commencé trop de phrases par un A accent et que cette publication va obtenir un zéro pointé dans les moteurs de recherche, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.</p><p>Et donc pour une fois, je vais suivre un conseil qu’on me donne souvent : « Olivier, tu ne pourrais pas juste te taire ? ».</p><p>Olivier Descamps &#8211; olivier@lheuredelaprose.fr &#8211; 03 80 33 61 26<br /><br />N&rsquo;oubliez pas de faire circuler ma lettre de temps en temps. Elle finira peut-être entre les mains d&rsquo;une personne susceptible d&rsquo;avoir besoin d&rsquo;un coup de main pour écrire ses souvenirs familiaux ou pour structurer sa démarche. <a href="https://lheuredelaprose.fr/contact/">Contact</a>.</p>								</div>
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		<title>2024, année de la mémoire</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/daniel-cordier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Dec 2024 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour aux fondamentaux. Je vous ai vendu une lettre sur les récits biographiques et voilà que chaque semaine, je vous conseille des podcasts à écouter. Par dessus le marché, une fois sur deux, c&#8217;est pour vous parler de mon propre podcast (certes passionnant, « la vie sans mobile », sur toutes les plateformes). Revenons à l’écrit avec [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lheuredelaprose.fr/daniel-cordier/">2024, année de la mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://lheuredelaprose.fr">L&#039;heure de la prose</a>.</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Retour aux fondamentaux. Je vous ai vendu une lettre sur les récits biographiques et voilà que chaque semaine, je vous conseille des podcasts à écouter. Par dessus le marché, une fois sur deux, c'est pour vous parler de mon propre podcast (certes passionnant, « la vie sans mobile », sur toutes les plateformes). Revenons à l’écrit avec mon bilan de la mémoire 2024. D’autant que je me rends compte que je ne vous ai toujours pas fait l’article sur MA lecture de l’année : Alias Caracalla, de Daniel Cordier.</h2>				</div>
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									<p>Reprenons tout dans l’ordre. Côté introspection, je l&rsquo;ai déjà écrit, je crois qu’il est difficile de faire mieux que Sorj Chalandon avec <a href="https://lheuredelaprose.fr/profession-du-pere/">son inédite tétralogie</a> (enfin, plus ou moins). Chez <a href="https://biographicus.fr/">Biographicus</a> (mon association de biographes), le journaliste-écrivain a d’ailleurs longtemps été pressenti pour préfacer un ouvrage collectif à paraître. Certes davantage pour <em>La légende de nos pères</em>, livre qui raconte l’histoire d’un journaliste qui devient biographe et que je n’avais pas lu quand j’ai écrit mon article en mars. Mais à mon goût, ce roman n’est pas le meilleur qu’il ait écrit sur la mémoire. Les quatre autres récits sont en revanche des modèles de réflexions sur ses pères, son héritage, les sentiments ambivalents qui nous rattachent à notre famille (la sienne est particulièrement gratinée).</p>								</div>
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									<p>Je passe plus vite sur l’ouvrage des Askolovitch dont j’avais adoré la démarche, mais <a href="https://lheuredelaprose.fr/se-souvenir-ensemble/">qui m’avait déçu</a>. Je ne reviens pas sur les histoires que j’ai écrites moi-même sur l’entrée au CP de quelques proches. Je vous laisse farfouiller dans mes archives si vous souhaitez les retrouver. Ça, c’était <a href="https://lheuredelaprose.fr/quand-jetais-mome/">mon propre témoignage</a>. Je ne réécris pas enfin ma critique subjective de <a href="https://lheuredelaprose.fr/libraire-du-coin/"><em>La carte postale</em> d’Anne Berest</a>. Plusieurs d’entre vous connaissaient déjà. Plusieurs d’entre vous ont suivi mon conseil. Plusieurs d’entre vous m’ont remercié et ça fait bien plaisir.</p><h2>Daniel Cordier, un maître</h2><p>Allez. Venons-en à <em>Alias Caracalla</em>. Cela fait des années que je tourne autour de ce récit autobiographique dont je connaissais l’essentiel par un téléfilm et une série d&rsquo;interviews. À sa sortie en 2009, j’ai été subjugué par <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-entretien/entretien-avec-daniel-cordier-les-annees-d-apprentissage-1-5-8318240">les cinq entretiens</a> que son auteur, Daniel Cordier, avait consacrés à François Busnel sur Inter. Ce vieux monsieur me semblait plus jeune dans sa tête que la plupart d’entre nous. Ex chantre de l’Action française (autrement dit facho de première), ex révolté de 17 ans décidé à « tuer du boche », ex résistant en chef (ah oui, je ne l’ai toujours pas écrit, Daniel Cordier a été propulsé secrétaire particulier de Jean Moulin durant la seconde guerre), ex figure de la gauche intellectuelle des années 70, cet homme est sans concession avec lui-même. C’est peut-être bien cela d’ailleurs le propre des grands auteurs. Les écrivaillons font parfois de jolies phrases, mais ils n’ont rien à dire. Les grands écrivains sont sans concession… ce qui ne les empêche pas parfois d’avoir des idées moisies (coucou Michel Houellebecq) ou d’être de pauvres types (je viens de refermer <em>Un roman russe</em> d’Emmanuel Carrère, un bel exemple d’authenticité qui ne rend pas le bonhomme sympathique. Oui, tu es malheureux et tu as le droit de l’écrire, gars, mais il y a trop de victimes collatérales dans ton histoire alors ne nous demande pas de te plaindre toi).</p><p>Je m’égare. Et vous avez le droit de démonter en commentaires cette analyse littéraire free style qui débarque sans crier gare et qui, selon l’expression consacrée, n’engage que ceux qui y croient. Ce pas de côté avait quand même un objectif : remarquer que Daniel Cordier est un rare exemple d’homme sans concession dont le parcours est un modèle de vie.</p><p>Quinze ans pour s’attaquer à un livre dont on se doute qu’il va nous plaire, c’est beaucoup, me direz-vous. Je vous avoue que ses mille pages m’ont longtemps intimidé. Elles sont finalement passées à toute vitesse. Je les ai lues comme un thriller. La guerre pour les nuls vue de l’intérieur. Une revisite de notre mémoire commune à travers les pas d’un homme au cœur de la bataille. Une accumulation de faits et d’analyses subtiles sur la complexité de la société française à cette époque (ça on connaît), mais aussi sur la complexité de la résistance elle-même (ça on maîtrise moins). Un bon exemple de ce qu’est un travail autobiographique : ne parler que de soi et décrire le monde tout en même temps.</p><p>PS : si vous avez raté la rétro podcasts, <a href="https://lheuredelaprose.fr/2024-annee-du-podcast/">c&rsquo;est là</a>.</p>								</div>
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		<title>Des femmes lumineuses</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 05:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche lecture]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je n’ai jamais été de ces gens qui offrent des livres sans les avoir lus (même si je concède que parfois ça marche, cf ma chère maman qui, l’an dernier, m’a fait découvrir Sandrine Collette grâce aux cadeaux mystères de la librairie Grangier (triple cœur avec les doigts)). Mais là, je vous préviens, l’hôpital va [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Je n’ai jamais été de ces gens qui offrent des livres sans les avoir lus (même si je concède que parfois ça marche, cf ma chère maman qui, l’an dernier, m’a fait découvrir Sandrine Collette grâce aux cadeaux mystères de la librairie Grangier (triple cœur avec les doigts)). 

Mais là, je vous préviens, l’hôpital va carrément se foutre de la charité puisque je vais conseiller de lire un roman dont je n’ai pas même fait semblant d’ouvrir la première page. J’ai une petite excuse. Il n’est pas traduit. Or l’anglais et moi, on n’est pas très copains.</h2>				</div>
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									<p>Le livre en question, c’est « The Radium Girls » de Kate Moore. Dans <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-l-histoire-oubliee-des-radium-girls" target="_blank" rel="noopener">le podcast éponyme</a>, l’autrice raconte le courage et le sacrifice de ces femmes lumineuses, au sens propre comme au sens figuré. Leur histoire commence aux États-Unis il y a un peu plus d’un siècle. Payées pour peindre avec précision des aiguilles de montres, ces « filles pleines de vie » s’estiment chanceuses. D’abord parce que pour l’époque, elles gagnent bien. Surtout parce que la fluorescence du radium qu’elles manipulent fascine le monde.</p><p><em>J&rsquo;ai retiré ce radium de la pechblende</em><br /><em>Et j&rsquo;ai brûlé mes doigts à ce feu défendu</em><br /><em>Ô paradis cent fois retrouvé reperdu</em><br /><em>Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes. </em></p><p>(Inutile de préciser que ce n’est pas de moi. Le premier qui trouve de qui c’est sans copier-coller les vers dans un moteur de recherche gagne toute mon estime)</p>								</div>
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									<p>Quand les radium girls rentrent chez elles, on dit « tiens, v’là les revenantes ». Elles brillent comme des fantômes. Quand elles ont prévu d’aller danser, elles enfilent leur plus belle robe pour travailler. Le soir, elles rayonnent sur la piste. Nous sommes dans les années folles. Folles oui.</p><p><strong>La gueule de bois des radium girls<br /></strong></p><p>Parce que l’envers du décor finit bien sûr par percer. Le radium, c’est de qui a tué Marie Curie par exemple. Alors tremper en permanence son pinceau de radium entre les lèvres pour l’effiler, à la longue, c’est pas gégène. À l’usine, on finit d’ailleurs par donner des chiffons aux travailleuses (qu’on leur retire rapidement parce que ça gâche de la poudre, on plaisante pas avec ça). L’intoxication se manifeste après cinq ou six ans : dents qui tombent, os qui se cassent en morceaux, c’est ballot.</p><p>Ensuite, du classique : ingénieurs qui se font passer pour des médecins et estiment qu’il n’y a pas de problème, experts pris le conflit d’intérêt dans le pot de confiture qui trouvent à certaines femmes d’autres causes de maladies (celle-là à la syphilis, normal, elle n’est même pas mariée)… Quelques dizaines de décès plus tard, on finit par concéder que oui, bon, peut-être. Il faut dire qu’un médecin vient d’y passer après avoir manipulé du radium. Là quand même, faut pas exagérer. S’engagent alors des procès qui s’enlisent, quelques chèques signés pour étouffer l’affaire quand on ne trouve pas de vices de forme… La vie quoi. Next.</p><p>J’espère qu’un éditeur français (coucou Gallmeister) va s’atteler à traduire le livre de Kate Moore. Je suis sûr qu’incarnée par des personnages, cette fiction narrative doit nous faire toucher de plus près encore le sort de ces femmes. Heureusement, c’est de l’histoire ancienne tout ça. Fini le temps des cancers inexpliqués dont on ne cherche pas l’origine. Fini le temps des conflits d’intérêt. Fini le temps des scandales sanitaires sur lesquels on ferme les yeux parce que ça remettrait en cause trop de choses. <br />Plus sérieusement, la radioactivité des sites d’extraction d’uranium, le glyphosate, les PFAS, ça va faire de jolis romans dans un siècle.</p><p>PS : merci à Élisabeth, fidèle lectrice croisée dans la rue mercredi. Elle m’a tiré les oreilles et de ma léthargie. Si vous êtes arrivés au bout du texte, c’est grâce à elle. Qu’est-ce qu’on dit à Élisabeth ?</p>								</div>
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		<title>80 ans, et alors ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 04:25:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On peut la trouver touchante ou insupportable la petite dame. On n’a pas le droit de ne pas les considérer du tout. 80 ans, et alors ?</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Ça compte l’apparence. On aimerait en faire abstraction pour juger les gens qu’on rencontre, mais on n’y arrive pas. C’est moins vrai avec les seniors. « Une bonne bouille ronde de pépé, ça peut tromper son monde », écrit Sandrine Colette*. Quand on y pense, c’est aussi bien comme ça mais l’effet collatéral, c’est qu’on a vite fait d’en conclure qu’un ancien est doux et lisse. Comme le nappage d’un gâteau au chocolat qui masquerait des goûts puissants cachés à l’intérieur (métaphores pourries, +10 points). 80 ans, et alors ?
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									<p>On sait que David Gilmour (78 ans), Keith Richards (80), Paul MacCartney (81) ont eu des vies riches et bien plus rock’n’roll que les nôtres. Pourquoi l’oublie-t-on dès qu’on croise dans la rue un double-quadra. Il y a de quoi se vexer. Plus jeune que ces gars là, Laure Adler a mis un coup de pied il y a deux ans dans le cocotier avec <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/laure-adler-je-suis-vieille-et-je-vous-emmerde-20220808_RW5AIWWPW5CULDANE7AXNYQGU4/">son manifeste</a>. « Je suis vieille, et je vous emmerde », lançait-elle.</p>								</div>
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									<p>Dans <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/80-ans-et-alors-2268417">un récent épisode</a> des <em>Pieds sur terre</em> – le Graal radiophonique pour ceux qui ne connaissent pas – trois femmes enfoncent le clou. Rappelant qu’il faut arrêter avec les « elle n’a pas froid, la petite dame ? ». On a le droit de la trouver touchante ou insupportable la petite dame. On n’a pas le droit de ne pas les considérer du tout ou de l’assimiler à une enfant.</p><p>Derrière les visages doux et lisses se cachent parfois des caractères bien trempés et des histoires hautes en couleur. L’émission en présente trois, à commencer par Christine qui malgré ses 78 printemps est libre comme l’air. L’ancienne danseuse du <em>Crasy horse</em> (l’histoire ne dit pas si se elle a été copine avec <a href="https://lheuredelaprose.fr/butte-montmartre/">la Dame qui chante</a>) a le sentiment d’avoir toujours vingt ans, mais « n’aimerait pas les avoir aujourd’hui ». Elle parle d’elle avec beaucoup d’autodérision. Traîner dans une boutique, « ce n’est pas de l’habillage, c’est du camouflage » !</p><p>Madeleine, elle, déteste la condescendance, évoque ses souvenirs… et son présent. Un coup de foudre à 70 ans, ça ne fait pas rêver ? La suite, à vous de la découvrir.</p><p>* En fait, j’ai accolé deux phrases de son roman <em>On était des loups</em>, mais je suis sûr que personne n’ira vérifier, niark niark.</p>								</div>
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