Je suis le Petit Nicolas

Je m'apprête à enfoncer une 732ème porte ouverte depuis la création de cette lettre hebdomadaire qui paraît plus ou moins tous les mois. Aujourd'hui, vous (n')apprendrez (pas) que René Goscinny était un génie et que le Petit Nicolas, c’est moi et sans doute la plupart d’entre vous

C’est devenu un rituel. Tous les cinq ans environ, je relis quelques volumes du Petit Nicolas. Parce que ça me ramène en enfance. Parce que l’écriture de Goscinny a ce don de nous apporter quelque chose de différent à chaque âge de la vie. Parce que Nicolas, c’est l’enfant en chacun de nous, l’enfant simple qui s’assume comme tel parce que c’est le meilleur moyen de prendre du bon temps. Nicolas, tu lui donnes une épave et un drap troué, il part camper à la rivière avec les copains, une boîte de conserve et c’est la coupe du monde (avec arbitre somalien même si tu veux), un sourire de Marie-Edwige et c’est la dolce vita.

J’aime aussi cette capacité de Goscinny à ne pas chercher à éviter les clichés, mais au contraire à mettre les deux pieds dedans pour que ses personnages totalement archétypaux soient en réalité chacun un morceau de la personnalité du héros du livre et, par extension, du lecteur.

Je passe vite sur ce qu’il nous dit sur le monde des adultes (des petites mesquineries qui peuvent surgir dans les rapports de couple au diktat des normes sociales qui nous font faire n’importe quoi).

Chacun choisira les phrases qui lui parlent. J’exhume celle-ci qui vous paraîtra peut-être ridicule, mais qui traduit bien je trouve cette incapacité qu’on a parfois (presque tout le temps, en ce qui me concerne) à maîtriser sa parole jusqu’au bout. Je vais pas le dire, je vais pas le dire… je l’ai dit :

« Un facteur a apporté un paquet pour moi. C’était un cadeau de Mémé. Un cadeau terrible et vous ne devinerez jamais ce que c’était : une montre-bracelet »

J’adore celle-ci aussi :

« Chaque fois qu’on veut jouer à la guerre, on se bat parce que personne ne veut faire l’ennemi »

Comme disait Gustave Parking, je vous laisse méditer là-dessus, accessoirement rouvrir un exemplaire qui traîne dans la chambre de vos enfants

PS : dîtes donc, au passage, vous voulez un conseil podcast pour la route des vacances ? (oh oui)… Et bien vous en aurez deux

→ « Médecin Malgré Moi », une création les deux doigts dans la prise sur l’état de l’hôpital public, sur les choix de vie, sur le burn-out (ou pas), sur cette thématique si contemporaine qu’est la bifurcation… et je suis mega jaloux parce qu’au fond, c’est exactement le podcast que j’aurais dû (essayer de) faire quand j’ai lâché mes sujets environnement. Sur les plateformes ou ici

→ « Liste de lecture » (que je découvre alors même qu’il vient de s’arrêter), un podcast d’Ambre Chalumeau. Pour paraphraser ses propos sur Daniel Pennac, elle est la professeure de français qu’on aurait aimé avoir, capable de nous expliquer pourquoi on adore certains romans et pourquoi on devrait aimer ceux qu’on ne connaît pas. La journaliste écrivaine ne se concentre pas sur les sujets des livres qu’elle présente, comme trop de podcasts littéraires, elle parle de littérature ; celle qui fait de récits multiples un vaste sujet de réflexion, explique-t-elle (plus ou moins) dans son épisode sur Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie. Surtout, son propos est abordable, s’adressant à ceux qui lisent comme à ceux qui ne lisent pas. Sur les plateformes ou  

Faîtes moi confiance, vous allez passer deux très bons moments

L'heure de la prose

Olivier Descamps Journaliste, Plume, Biographe

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