Dieu sait que j’écoute beaucoup de musique (Dieu et ceux qui me fréquentent trop longtemps aussi). Je n’avais jamais mesuré à quel point certains morceaux nous renvoyaient à des souvenirs précis. Et donc à quel point la musique peut devenir un outil pour écrire une biographie
J’ai du mal à comprendre la passion des gens pour la musique des années 80, en particulier ceux de ma génération. Décalecatan, Décalecatan… Pitié ! (Pourquoi pas le retour de la moustache tant qu’on y est). Petit conseil du jour : ne laissez jamais un nostalgique gérer la playlist.
Pour la même raison, c’est avec une certaine circonspection que je me suis lancé dans l’écoute de Radio K7, « la bande-son des années 90 ». Je suis tombé dessus par hasard. J’ai tenté le coup. Je me suis fait avoir
Radio K7 n’est pas vraiment un podcast ; plutôt une émission dans laquelle des copains-collègues taillent le bout de gras et mêlent souvenirs et décryptages d’albums cultes. Du moins d’albums qu’ils jugent cultes (sans commentaire, cette lettre n’est pas dans le jugement (mais quand même, hum)). L’émission vient de souffler sept bougies donc libre à chacun de piocher ce qu’il lui plaît (plaît plaît (années 80, faut y aller maintenant))
Venons-en à la raison d’être de cet article. À l’écoute, je me suis rendu compte que je connaissais les dates précises de nombreux albums. Et surtout, je me suis pris plein d’images dans la tête
- « Out of time », REM, 1991. Des yeux clairs et troublants qui chantent un « that was just a dream » annonciateur de ce que je me dirai plus tard en repensant à ce moment
- « Nevermind », Nirvana, idem, mais fin d’année. Un copain torturé qui m’explique que Kurt Cobain a tout compris à la vie (t’es sûr ? Oui oui. Ah bon)
- « Louise Attaque », par Louise Attaque (les mecs, ils se sont foulés), 1997. Une soirée arrosée dans un café en bas du boulevard de l’Université. Chacun d’un côté de l’échiquier politique, deux copains débattent de l’avenir de l’économie tandis qu’une camarade répète trente-sept fois qu’elle nous emmène au vent et accessoirement au-dessus des gens
- « Ok Computer », Radiohead, 1997. Cette année, je ne l’avais pas car c’est bien plus tard que j’ai écouté l’album en boucle pour aller au boulot. Je m’arrangerais toujours pour que les premières notes de « No Surprises » retentissent dans les rues de Puteaux, juste avant de m’engouffrer dans un immeuble de bureau un peu glauque. Une bonne manière de rester de bonne humeur toute la journée malgré tout
Biographie et souvenirs
Je pourrais continuer. « Homogenic » de Bjork, mon premier chez moi. « Clandestino », Manu Chao, 1998. En fac, avec un copain, on se moque de son nom sur une affiche devant l’amphi Proudhon. Je ne sais pas encore que je vais écouter l’album 6 162 fois. Et puis Noir Désir, une discussion avec un pote de ma sœur au soir de leur concert (quand on croyait naïvement que seuls la musique et les textes de Cantat étaient violents)…
Je suis de ceux qui écoutent de la musique à peu près tout le temps (j’aime l’idée du silence, mais mon acouphène, moins. Avec lui, le silence n’existe pas). Pourtant, je n’avais pas encore pensé à la possibilité de l’utiliser comme support à souvenirs. Les idées les plus évidentes mettent parfois du temps à s’imposer. Dès ma prochaine biographie, j’en fais un point de départ de discussion. Ma narratrice a 90 ans. Va falloir que je bosse mes classiques. Ohé, ohé.
PS : Pendant qu’on parle de podcast et de musique, conseil ++ : « notre incroyable histoire avec Victor Démé », sur RFI. Une belle histoire, bien racontée, bien anglée, parfaitement réalisée, de la musique qui fout les poils. Franchement, que demander de plus ?
MS (message de service) : si si, je suis en vadrouille. Faut pas croire, je sais programmer une newsletter, non mais
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