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	<title>L&#039;heure de la prose</title>
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	<description>Prendre le temps d&#039;écrire la vie</description>
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		<title>Le sentiment d’être à sa place</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand une cinquantaine de biographes se retrouvent le temps d’un week-end, ça donne un moment magique. Un peu comme dans un vieux dessin animé Disney, mais avec que des gentils dedans. J’avais déjà participé à un séminaire d’entreprise avec présentations Powerpoint, accrobranche et tours de table à n’en plus finir. J’avais déjà participé à des [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Quand une cinquantaine de biographes se retrouvent le temps d’un week-end, ça donne un moment magique. Un peu comme dans un vieux dessin animé Disney, mais avec que des gentils dedans.</h2>				</div>
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									<p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">J’avais déjà participé à un séminaire d’entreprise avec présentations Powerpoint, accrobranche et tours de table à n’en plus finir. J’avais déjà participé à des rencontres de journalistes avec des échanges riches, des moments conviviaux… et le sentiment tenace que le gars en face pense que tu raisonnes de travers et que son travail vaut mieux que le tien. (Tu es sûr de ne pas te tromper puisque de fait, tu te dis la même chose). Un séminaire de biographes, je peux désormais vous dire que c’est autre chose. Biographe est un métier d’écoute, et ça se sent tout de suite.</span></p>								</div>
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									<p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">À Nantes, la semaine dernière &#8211; je vais paraphraser les collègues qui ont écrit ces derniers jours &#8211; on s&rsquo;est surpris nous-mêmes ; on attendait beaucoup et on a eu encore davantage ; on se croyait seuls et pas du tout. « On », c’est une cinquantaine d’adhérents de <a href="https://biographicus.fr/" target="_blank" rel="noopener">l’association Biographicus</a> qui ont suivi des chemins professionnels variés (le journalisme, l’enseignement, le soin, même la banque !). Qui un jour, ont bifurqué, ont pensé qu’ils étaient peut-être en train de faire n’importe quoi, l’ont beaucoup entendu ; et qui, soudain, prennent conscience qu’ils sont exactement là où ils doivent être.</span></p><p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Dans ce petit monde, on trouve tous les âges, beaucoup de femmes, de gens qui ont compris que la vie n’est pas une longue partie de basket-ball (celui qui trouve le roman que je suis en train de lire sans IA gagne un panier garni), beaucoup de personnes très sensibles aussi (un entretien d’embauche de biographe, on te demande depuis quand tu n’as pas pleuré. Si tu réponds plus d’une semaine, t’es recalé).</span></p><p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">J’ai appris beaucoup : cette ligne de contrat à laquelle je ne pensais pas, cette technique qui aide les personnes qui perdent la mémoire à se souvenir, d’autres manières d’écrire aussi. Jamais durant le week-end, je me suis senti inférieur, jamais je ne me suis senti supérieur. À deux doigts de la VAE « modestie, écoute et bienveillance ».</span></p><p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Dans les temps prochains, il n’est pas impossible que je vous parle et que je vous reparle de Daniel Cordier (le secrétaire de Jean Moulin (mon sujet d’étude d’une formation au journalisme narratif commencée il y a quelques semaines (je vous en dirai un mot une autre fois (on y apprend, entre autres, à faire des phrases avec une seule idée, je suis sur le bon chemin ou pas ?)))). Daniel Cordier a connu trois carrières (il est mort à cent ans, faut dire). Son travail durant la guerre lui a ouvert les portes des services secrets qu’il a vite abandonnés. Il est alors devenu un grand galeriste. Puis il a opéré un autre virage afin de devenir historien.</span></p><p class="western"><span style="font-family: Times New Roman, serif;">Je ne sais pas s’il a parfois douté. Ce qui est sûr avec le recul, c’est que ses choix ont été les bons. Ce séminaire, pour moi, c’est une confirmation. Cela fait trois ans que j’ai lâché les questions de transition écologique (qui n’a pas besoin de moi pour ne pas avancer). Si j’avais un dernier doute sur cette décision, il s’est envolé le week-end dernier. La vie est trop courte pour qu’on se contente de n’en avoir qu’une.</span></p>								</div>
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		<title>Monde ouvrier : Acte II. Scène 1</title>
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		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’idée de « la culture pour tous » n’est pas nouvelle. Dès la fin des années 50, la convergence de l’engagement esthétique et social séduit des artistes qui préfèrent les regards ébahis de gens de rien aux paillettes et à la gloire. Ce sujet, je n’y connais pas grand-chose, mais je suis heureux de l’avoir touché du [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">L’idée de « la culture pour tous » n’est pas nouvelle. Dès la fin des années 50, la convergence de l’engagement esthétique et social séduit des artistes qui préfèrent les regards ébahis de gens de rien aux paillettes et à la gloire. Ce sujet, je n’y connais pas grand-chose, mais je suis heureux de l’avoir touché du doigt.</h2>				</div>
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									<p class="western">Après avoir lu et écouté des podcasts sur <a href="https://lheuredelaprose.fr/paternalisme/">le paternalisme industriel</a> pour donner de l’épaisseur à un récit familial, je me suis penché sur une autre réalité rencontrée dans cette même cité ouvrière rurale : l’engagement culturel d’un homme de théâtre lambda.</p><p class="western">Dans mon histoire, le type débarque dans le village pour des raisons indéterminées, s’installe dans une famille, travaille pour ne pas être un poids, mais consacre une bonne partie de son énergie à monter un classique de Beaumarchais avec les ouvriers de l&rsquo;industrie locale.<br />Chacun met la main à la pâte. On conçoit les costumes dans la cuisine, on utilise la voiture du boulot pour véhiculer les décors aux quatre coins du département, on cale le bébé dans les loges pendant que Maman interprète « mon cœur soupire » (la chanson de Chérubin écrite par Mozart himself (air que la dite Maman m&rsquo;a chanté rien que pour moi presque 70 ans après les faits et c&rsquo;était trop bien))… <br />Beau projet. Belles tranches de vie que j’ai essayé tant bien que mal de rapporter dans ma biographie.</p>								</div>
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									<p class="western">Le travail terminé, je me suis interrogé. Ce drôle de metteur en scène tombé du ciel est-il un cas isolé ? Sans doute pas. Pensant spontanément au théâtre national populaire, j’ai tapé « 36 15 Jean Vilar » dans un moteur de recherche et écouté deux trois vieilles émissions de Radiofrance : une interview de Jacques Chancel (l’inventeur du concept de questions tellement fumeuses qu’il obtient toujours des réponses incroyables), un échange entre Jean Vilar et Agnès Varda (là, ça plane trop pour moi (hou hou hou hou)), une émission d’histoire enfin.</p><h2>Un autre théâtre populaire</h2><p class="western">Sauf que je me suis vite rendu compte que j’étais à côté de la plaque. L&rsquo;homme du TNP et d&rsquo;Avignon était le symbole de la décentralisation et de la démocratisation culturelle. Il souhaitait que le Peuple (dans le sens « tout le monde sans distinction ») ait accès à un théâtre de qualité… Mais sauf si j’interprète mal (et c’est possible), il ne visait pas spécifiquement les ouvriers et cherchait encore moins à les associer à la création.</p><p class="western">Plan B : j’ai toqué à la porte d’un confrère biographe, l’ami Jean-Noël Poggiali avec qui je peux plus ou moins rivaliser côté cheveux mais qui a quelques longueurs d&rsquo;avance côté connaissances du Spectacle vivant. Il m’a donné plein d’autres pistes pour creuser le sujet, comme le théâtre de l’Opprimé d’Augusto Boal. Là encore, j&rsquo;ai lu et écouté. Hyper intéressant.</p><p class="western">Mais là encore, je reste sur ma faim. Même si je suis sûr que le personnage de mon histoire et Augusto Boal partageaient le même idéal d’émancipation par la culture, mon gugus n’était pas dans le théâtre très militant du dramaturge brésilien. Sinon, je crois que ma narratrice l&rsquo;aurait mis à la porte. La politique, c&rsquo;était pas trop son truc, m&rsquo;a-t-elle expliqué.<br />Alors pour une fois, c’est moi qui pose les questions. Qui a des petites choses à me faire lire ou à écouter pour approfondir mon sujet ? Réalité ou fiction du reste. Un roman qui met en scène un personnage qui débarque dans un village et aide les locaux à monter un spectacle, ça existe forcément !</p>								</div>
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		<title>L’entreprise désincarnée</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/paternalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire, ça paraît tellement loin qu’on finit par oublier que certains d’entre nous l’ont vécue. Lors d’un entretien biographique, ma narratrice a mis un peu de chair et d’os sur le concept de paternalisme industriel que j’associais plutôt au dix-neuvième siècle. Or si bien sûr, si elle me parle d’un temps que les moins de [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">L’histoire, ça paraît tellement loin qu’on finit par oublier que certains d’entre nous l’ont vécue. Lors d’un entretien biographique, ma narratrice a mis un peu de chair et d’os sur le concept de paternalisme industriel que j’associais plutôt au dix-neuvième siècle. Or si bien sûr, si elle me parle d’un temps que les moins de vingt ans… elle n’en a pas cent-cinquante non plus.</h2>				</div>
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									<p class="western">Encore un bel exemple de <a href="https://lheuredelaprose.fr/podcast-femmes/" target="_blank" rel="noopener" data-wplink-edit="true">grande histoire avec un petit « h »</a>. Je vous plante le décor : nous sommes au lendemain de la Seconde guerre mondiale dans une cité ouvrière rurale comme il en existe tant. Celle-ci est perdue au milieu des paysages bocagers de l’Auxois (en Bourgogne pour les nullos comme mon traitement de texte qui veut absolument que j’écrive « Aixois »). Tout tourne autour de l’usine. Elle héberge ses salariés. Elle a construit l’école et fournit le matériel scolaire. Elle a créé une coopérative où l’on trouve tout ce dont les familles ont besoin. Elle organise même les loisirs avec une salle de sport, un cinéma et bien sûr la traditionnelle fanfare.</p>								</div>
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									<p class="western">En 1946, Monique, ma narratrice, perd son Papa. Nous sommes à une époque où la Sécurité sociale fait tout juste son apparition. En attendant que les Français aient une protection sociale digne de ce nom, le paternalisme respire encore. Les industriels se chargent de protéger les familles d’ouvriers. Celle qui nous concerne a coutume d’embaucher les veuves de ses collaborateurs lorsqu’ils décèdent précocement. La mère de Monique prend donc le relais à l’usine. Au drame de la perte d’un père ne s’ajoute pas celui de l’exode vers un horizon incertain.</p><h2>La fin du paternalisme</h2><p class="western">Ne me faîtes pas dire que c’était mieux avant. Ma narratrice porte un regard nostalgique sur son enfance et, par extension, sur l’écosystème dans lequel elle a grandi.<br />Les historiens ont beaucoup écrit sur le paternalisme. Ils décrivent la soumission des ouvriers aux exigences patronales puisque ceux qui parlent trop fort courent le risque de perdre bien plus qu’un travail. Ils écrivent le contrôle social qui s’invite dans les foyers, dans les mœurs, dans l’éducation des enfants…. Sans parler des petits chefs chargés de ce contrôle et qui, autant que les chefs d’entreprises, n’hésitent pas, parfois, à profiter de leur position.</p><p class="western">« La protection a un coût », résume l’historienne Marion Fontaine, prenant l’exemple des mines du Nord-Pas-de-Calais dans <span style="color: #000080;"><span lang="zxx"><u><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/les-mines-une-histoire-du-paternalisme-5306611">cet épisode de La série documentaire</a></u></span></span> que je vous invite à écouter si vous voulez creuser le sujet (ceci était une tentative d’humour). Je viens de terminer le roman de Roland Buti, « Les petites musiques ». Nous sommes cette fois-ci dans le Jura suisse où, en toile de fond, le paternalisme industriel contribue à démolir une famille qui n’entre pas dans les normes. Mollo sur la nostalgie donc.</p><p class="western">Il n’empêche. Qu’est-ce que tout ça nous dit d’aujourd’hui ? Sans doute que les chefs d’entreprise ont toujours eu l’art de manier la carotte et le bâton. Et que si l’usage du bâton est heureusement plus encadré, on peut regretter que les carottes patronales soient désormais toutes rabougries (métaphores pourries +1). Quand il t’arrive quelque chose dans la vie, ça fait mal de voir que ton entreprise s’en fout un peu et se contente de te renvoyer à l’administration et à la solidarité nationale parce qu’elle a cotisé pour ça. Le reste, ça ne la regarde plus.</p><p class="western">Si nos enfants écrivent leur biographie à la fin du siècle, je doute fort qu’ils évoquent avec nostalgie les entreprises désincarnées dans lesquelles leurs parents ont travaillé.</p>								</div>
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		<title>L’enfance, la guerre et le Grand écran</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/film-souvenirs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Aug 2026 06:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Des idées, ça se remodèle en permanence bien sûr. C’est même ça qui fait l’intérêt de la vie. Il est un âge où l’on a toutefois davantage de pâte à modeler sous la main ; j’ai nommé l’enfance. Sortant d'une projection du Bon, la Brute et le Truand, 60 ans après sa sortie, je me rends compte à quel point le cinéma en général et ce film en particulier ont joué un rôle plus qu’anecdotique dans ma vie. Pas vous ?
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									<p class="western">Quelle bonne idée de restaurer ces films qu’on n’a pas eu la chance de découvrir à leur sortie. Qui répond à ce genre de propositions ? Beaucoup de monde, semble-t-il ! En début de semaine, je me suis offert un bon plat de western spaghetti avec <i>Le Bon, la Brute et le Truand</i>. J’imaginais qu’on serait trois pelés dans une petite salle. C’était la plus grande salle du cinéma et elle était blindax.</p><p class="western">Public varié, qui plus est. À ma gauche, un vieux monsieur qui avait dû confondre ses somnifères et ses médicaments pour la prostate. Il ronflait plus fort encore que les trompettes d’Ennio Morricone. À ma droite, une jeune femme dont la grand-mère ne devait pas être née à la sortie du film. J’ai jeté un œil discret (pas du tout) à son visage en milieu de projection. On ne voyait même pas ses oreilles tant son sourire les masquait.</p>								</div>
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									<h2 class="western"><strong>Mémoire, idées et cinéma</strong></h2><p class="western">Quel kif sur Grand écran ce duel (triel ?) final avec musique à fond les ballons, plans larges et ultra-serrés qui s’enchaînent, regards intenses qui donnent envie se cacher sous son le siège de peur de prendre une balle perdue.</p><p class="western">Mais venons-en à mon sujet parce que l&rsquo;heure tourne mon bon Monsieur. En sortant, je me suis demandé si mon antimilitarisme chevillé au corps n’avait pas, en grande partie, été forgé par ce film. Les héros de Sergio Leone sont des gars peu recommandables. Pourtant, à part Lee Van Cleef dont on ne peut rien sauver, ils finissent par devenir bien plus sympathiques que les cadres de l’armée qu’on ne voit pas du film parce qu’ils doivent être en train de jouer à Candy Crush dans leur bureau, mais qui n’en envoient pas moins leurs soldats se faire massacrer pour prendre un pont perdu au milieu du désert et dont au fond, on se fout éperdument. Les gars, ils n’ont pas encore compris que le sport était un moyen plus inoffensif que la guerre quand on a besoin de montrer à ses voisins qui c’est le patron.</p><p class="western">En m&rsquo;endormant, j’ai pensé à quelques films qui, à l’adolescence, ont contribué à affiner mes idées sur le sujet (que vous n’êtes pas obligés de partager bien sûr). Ce n&rsquo;est pas impossible que ce soit <i>Les Sentiers de la gloire </i>de<i> </i>Stanley Kubrick qui m&rsquo;ait révolté contre la boucherie de 14-18 et les maréchaux de France. Que j’aie appris à vomir la guerre du Vietnam avec <i>Hair</i> de Miloš Forman (si vous ne versez pas une larmichette devant la dernière scène, vous n’êtes pas un être humain). Je crois aussi me rappeler avoir été profondément marqué par l’épilogue de <i>La planète des singes</i> (Charlton Heston qui tombe à genoux devant je vous dis pas quoi des fois que vous ayez envie de le (re)voir)… Et si on élargit un peu le sujet avec la guerre des clans, <i>West side story</i> n’est-il pas un bel hymne à la non-violence ?</p><h2><strong>Vos souvenirs de films</strong></h2><p class="western">Alors bien sûr, chacun a le droit de tirer ses enseignements des films qu’il voit. Dans nos sociétés contemporaines, on a surtout d’autres sources de réflexion que le cinéma : l’école, l’éducation des parents, l’expérience sensorielle, les lectures, tout ça… Il n’en demeure pas moins que se demander quel film nous a marqué et pourquoi est un support intéressant pour faire parler nos souvenirs. Alors, vous, c’est quoi ?</p>								</div>
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		<title>Lâcher une maison, pas simple</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/maison-de-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche lecture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J’ai appris il y a peu l’existence d’un métier zarbi: « médiateur de patrimoine ». Vous connaissez, vous ? Comme son nom l’indique, son rôle est de débloquer la situation quand un couple qui se sépare, des frères ou des cousins sont plus ou moins contraints de céder une maison de famille et qu’ils n’arrivent pas à s’entendre. [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">J’ai appris il y a peu l’existence d’un métier zarbi: « médiateur de patrimoine ». Vous connaissez, vous ? Comme son nom l’indique, son rôle est de débloquer la situation quand un couple qui se sépare, des frères ou des cousins sont plus ou moins contraints de céder une maison de famille et qu’ils n’arrivent pas à s’entendre. </h2>				</div>
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									<p class="western">Rien de mieux qu’un roman pour poser le décor. J’ai nommé <i>Fort Alamo</i> de Fabrice Caro. Il est quand même drôle cet homme là. Ce n’est pas si courant de rire en lisant (mais voilà que je commence déjà à m’égarer). En toile de fond ce cette fiction, on trouve un désaccord profond entre deux frères dont les parents sont partis pour l’au-delà. Le premier veut vider et vendre au plus vite leur maison parce que toiles d’araignée, humidité qui s’installe et impôts locaux. Le second procrastine un max. Quand il entre dans cette maison, lui sent l’odeur de son enfance, entend la voix de sa mère qui crie « à table », aperçoit le curé qui triche en regardant dans le miroir du salon (ouais bon, ça je l’ai peut-être ajouté ; c’est pour les fidèles).</p>								</div>
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									<p class="western">Citation :</p>
<blockquote>
<p class="western">Nous avions grandi dans ces murs. La vider impliquait de nous vider de nous, comme des poulets dans l’étal, nous vider de notre passé, de notre héritage, de nos premiers rires et de bonheur jamais égalés. Il faut tourner la page, tel était le leitmotiv de mon frère. Je ne supportais pas cette expression. Tourner la page, qui a décrété ça ? Qui a décrété qu’une page devait inévitablement être tournée ?</p>
</blockquote>
<p class="western">Les deux frères ne parlent pas la même langue et ne s’en rendent pas compte. Or dans la vie, quand on se précipite à débattre de solutions avant de se mettre d’accord sur les problèmes à résoudre, ça ne marche pas souvent. (<i>La vie pour les Nuls</i>, par Olivier Descamps. Éditions Moisissures, à paraître jamais).</p>
<p class="western">Je reviens à mon médiateur de patrimoine dont le rôle consiste justement à inciter les héritiers à ne pas oublier la dimension émotionnelle de leur projet de vente… à leur faire comprendre qu’ils sont sur une fausse piste, que les divergences apparentes sur le prix de vente ou les frais de notaires, c’est du pipi de chat. La mèche qui cache le foret, comme on dit.</p>
<p class="western">Est-ce que tous les médiateurs de patrimoine enchaînent en conseillant à leurs clients de réaliser <a href="https://lheuredelaprose.fr/podcast-famille/">un podcast de maison</a> ou un <a href="https://lheuredelaprose.fr/histoire-famille/">recueil de souvenirs</a> pour que la mémoire survive si vraiment il est indispensable de céder la maison ? Pas sûr. Mais personne n’est parfait.</p>								</div>
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		<title>Je suis le Petit Nicolas</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/petit-nicolas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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<p>L’article <a href="https://lheuredelaprose.fr/petit-nicolas/">Je suis le Petit Nicolas</a> est apparu en premier sur <a href="https://lheuredelaprose.fr">L&#039;heure de la prose</a>.</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Je m'apprête à enfoncer une 732ème porte ouverte depuis la création de cette lettre hebdomadaire qui paraît plus ou moins tous les mois. Aujourd'hui, vous (n')apprendrez (pas) que René Goscinny était un génie et que le Petit Nicolas, c’est moi et sans doute la plupart d’entre vous</h2>				</div>
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									<p class="western" lang="fr-FR">C&rsquo;est devenu un rituel. Tous les cinq ans environ, je relis quelques volumes du Petit Nicolas. Parce que ça me ramène en enfance. Parce que l’écriture de Goscinny a ce don de nous apporter quelque chose de différent à chaque âge de la vie. Parce que Nicolas, c&rsquo;est l’enfant en chacun de nous, l&rsquo;enfant simple qui s&rsquo;assume comme tel parce que c&rsquo;est le meilleur moyen de prendre du bon temps. Nicolas, tu lui donnes une épave et un drap troué, il part camper à la rivière avec les copains, une boîte de conserve et c’est la coupe du monde (avec arbitre somalien même si tu veux), un sourire de Marie-Edwige et c’est la dolce vita.</p>								</div>
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									<p class="western" lang="fr-FR">J’aime aussi cette capacité de Goscinny à ne pas chercher à éviter les clichés, mais au contraire à mettre les deux pieds dedans pour que ses personnages totalement archétypaux soient en réalité chacun un morceau de la personnalité du héros du livre et, par extension, du lecteur.</p><p class="western" lang="fr-FR">Je passe vite sur ce qu’il nous dit sur le monde des adultes (des petites mesquineries qui peuvent surgir dans les rapports de couple au diktat des normes sociales qui nous font faire n’importe quoi).</p><p class="western" lang="fr-FR">Chacun choisira les phrases qui lui parlent. J’exhume celle-ci qui vous paraîtra peut-être ridicule, mais qui traduit bien je trouve cette incapacité qu’on a parfois (presque tout le temps, en ce qui me concerne) à maîtriser sa parole jusqu&rsquo;au bout. Je vais pas le dire, je vais pas le dire&#8230; je l&rsquo;ai dit :</p><blockquote><p class="western" lang="fr-FR">« Un facteur a apporté un paquet pour moi. C’était un cadeau de Mémé. Un cadeau terrible et vous ne devinerez jamais ce que c’était : une montre-bracelet »</p></blockquote><p class="western" lang="fr-FR">J’adore celle-ci aussi :</p><blockquote><p class="western" lang="fr-FR">« Chaque fois qu’on veut jouer à la guerre, on se bat parce que personne ne veut faire l’ennemi »</p></blockquote><p class="western" lang="fr-FR">Comme disait Gustave Parking, je vous laisse méditer là-dessus, accessoirement rouvrir un exemplaire qui traîne dans la chambre de vos enfants</p><p class="western" lang="fr-FR">PS : dîtes donc, au passage, vous voulez un conseil podcast pour la route des vacances ? (oh oui)… Et bien vous en aurez deux</p><p class="western" lang="fr-FR">→ « Médecin Malgré Moi », une création les deux doigts dans la prise sur l’état de l’hôpital public, sur les choix de vie, sur le burn-out (ou pas), sur cette thématique si contemporaine qu’est la bifurcation… et je suis mega jaloux parce qu’au fond, c’est exactement le podcast que j’aurais dû (essayer de) faire quand j’ai lâché mes sujets environnement. Sur les plateformes ou <a href="https://podmust.com/episode/?podcast=medecin-malgre-moi&amp;epis=w4lwaXNvZGUgMSAtIENvbnN0YXQgZGUgZMOpY8OocyBkJ3VuZSBhbWJpdGlvbg==">ici</a></p><p class="western" lang="fr-FR">→ « Liste de lecture » (que je découvre alors même qu’il vient de s’arrêter), un podcast d’Ambre Chalumeau. Pour paraphraser ses propos sur Daniel Pennac, elle est la professeure de français qu&rsquo;on aurait aimé avoir, capable de nous expliquer pourquoi on adore certains romans et pourquoi on devrait aimer ceux qu’on ne connaît pas. La journaliste écrivaine ne se concentre pas sur les sujets des livres qu&rsquo;elle présente, comme trop de podcasts littéraires, elle parle de littérature ; celle qui fait de récits multiples un vaste sujet de réflexion, explique-t-elle (plus ou moins) dans son épisode sur Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie. Surtout, son propos est abordable, s’adressant à ceux qui lisent comme à ceux qui ne lisent pas. Sur les plateformes ou <a href="https://podmust.com/podcast/liste-de-lecture/">là</a> </p><p lang="fr-FR">Faîtes moi confiance, vous allez passer deux très bons moments</p>								</div>
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		<title>Tatatin</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/documentaire-biographie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt-cinq ans à écrire des chansons populaires, intimes et engagées, fruits de leur époque. Vingt-cinq autres à vous faire saigner les oreilles, je suis, je suis…. J’étais parti pour évoquer le surréaliste festival Japon-en-Grandvaux, ou comment une modeste commune du Haut-Jura s’enthousiasme le temps d’un week-end pour le pays du soleil levant. Salle comble par [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Vingt-cinq ans à écrire des chansons populaires, intimes et engagées, fruits de leur époque. Vingt-cinq autres à vous faire saigner les oreilles, je suis, je suis….</h2>				</div>
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									<p>J’étais parti pour évoquer le surréaliste festival Japon-en-Grandvaux, ou comment une modeste commune du Haut-Jura s’enthousiasme le temps d’un week-end pour le pays du soleil levant. Salle comble par exemple pour cette conférence sur les ninjas au XIVe siècle (qu’on n’appelait pas du tout ninjas si vous voulez tout savoir), qui l’eût cru !! (j’ai oublié quelques exclamations on dirait bien !!!!). Je vous aurais parlé de l’histoire qui produit de la mémoire qui se transforme plusieurs fois et finit à son tour par produire de l’histoire. Bon ok, ça aurait été un petit peu chiant en fait.</p>								</div>
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									<p>De toute façon, une soudaine poussée de pantoufles a changé le programme de la semaine. Je me suis calé devant la télé et j’ai regardé le documentaire « Renaud, à cœur perdu ». Combat de ju-jitsu entre les deux sujets. Vainqueur haut-la-main : le type aux jambes arquées.</p>								</div>
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									<p>Avec sa fille à la co-écriture et des proches aux témoignages, ça sentait le pâté ce documentaire ; l’hagiographie à plein nez. De fait, ne vous attendez pas à une enquête. Le réalisateur ne travaille pas comme un journaliste. Plutôt comme un biographe qui aide un homme et ses proches à raconter leur vérité sur une histoire qu’on a envie d’entendre (moi en tout cas). Au programme : des souvenirs, des archives à gogo, et puis ces chansons qui ont tant marqué et dont on comprend mieux tout à coup certains passages grâce entre autres à l’ex femme de Renaud, Dominique (celle du Père Noël noir), qui a dû bien morfler, mais dont les yeux débordent de bienveillance.</p><h2>A chacun son Mistral gagnant</h2><p>La vie de Renaud ne me fait pas rêver, ses contradictions pas davantage (si, il en a plus que moi), son succès non plus. Mais nom d’un chihuahua, pour avoir écrit un demi-paragraphe d’une de ses chansons, je donnerais la vie de mes enfants (je plaisante, c’est juste pour savoir s’ils me lisent. En vrai, j’en sacrifierais un, max). Dans le genre je mêle l’intime, le futile, l’universel et ce que je pense de l’histoire en marche, peut-on faire mieux ? Je ne crois pas. J’adore le cri du cœur de son musicien Mourad Malki qui évoque sa première écoute de Manhattan-Kaboul, chanson écrite en studio, à la va-vite : « quel enfoiré ».</p><p>Préparez-vous à faire mai 68 et 81, à vivre une incroyable épopée en bateau (Renaud s’est pris pour Jack London avec son idée de tour du monde ou bien?), et bien sûr à retrouver le goût de vos propres Mistral gagnants (les images de mon premier concert avec Papa, Maman, 1986, ça fait un petit quelque-chose). Bon, ça suffa comme ci, mais un dernier mot sur la partie du doc qui concerne la maladie mentale de Renaud. Cette explication déconstruit pas mal son image d’alcoolique qui s&rsquo;est laissé griser par la vie et a perdu le contrôle.</p><p>Je vous avoue que depuis le tournant du siècle, comme on dit, je n’écoute plus ce qu’il chante. Ça fait trop mal aux oreilles et aux souvenirs. Je me dis souvent que Renaud aurait mieux fait de poser le micro et d’écrire pour les autres. Puisque ce n’est pas le choix qu’il a fait, il serait peut-être temps que j’aille au moins lire ses textes.</p><p><span style="color: #3366ff;"><a style="color: #3366ff;" href="https://lheuredelaprose.fr/biographie-musique/">Si vous l&rsquo;avez raté : la musique, manne à souvenirs</a></span></p>								</div>
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		<title>La musique, manne à souvenirs</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/biographie-musique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[podcast]]></category>
		<category><![CDATA[Quand j'étais môme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dieu sait que j’écoute beaucoup de musique (Dieu et ceux qui me fréquentent trop longtemps aussi). Je n’avais jamais mesuré à quel point certains morceaux nous renvoyaient à des souvenirs précis. Et donc à quel point la musique peut devenir un outil pour écrire une biographie J’ai du mal à comprendre la passion des gens [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Dieu sait que j’écoute beaucoup de musique (Dieu et ceux qui me fréquentent trop longtemps aussi). Je n’avais jamais mesuré à quel point certains morceaux nous renvoyaient à des souvenirs précis. Et donc à quel point la musique peut devenir un outil pour écrire une biographie</h2>				</div>
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									<p>J’ai du mal à comprendre la passion des gens pour la musique des années 80, en particulier ceux de ma génération. Décalecatan, Décalecatan… Pitié ! (Pourquoi pas le retour de la moustache tant qu&rsquo;on y est). Petit conseil du jour : ne laissez jamais un nostalgique gérer la playlist.</p><p>Pour la même raison, c’est avec une certaine circonspection que je me suis lancé dans l’écoute de <a href="https://podcast.ausha.co/radiok7">Radio K7, « la bande-son des années 90 »</a>. Je suis tombé dessus par hasard. J’ai tenté le coup. Je me suis fait avoir</p>								</div>
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									<p>Radio K7 n’est pas vraiment un podcast ; plutôt une émission dans laquelle des copains-collègues taillent le bout de gras et mêlent souvenirs et décryptages d’albums cultes. Du moins d’albums qu’ils jugent cultes (sans commentaire, cette lettre n’est pas dans le jugement (mais quand même, hum)). L’émission vient de souffler sept bougies donc libre à chacun de piocher ce qu’il lui plaît (plaît plaît (années 80, faut y aller maintenant))</p><p>Venons-en à la raison d’être de cet article. À l’écoute, je me suis rendu compte que je connaissais les dates précises de nombreux albums. Et surtout, je me suis pris plein d’images dans la tête</p><ul><li>« Out of time », REM, 1991. Des yeux clairs et troublants qui chantent un « that was just a dream » annonciateur de ce que je me dirai plus tard en repensant à ce moment</li><li>« Nevermind », Nirvana, idem, mais fin d’année. Un copain torturé qui m’explique que Kurt Cobain a tout compris à la vie (t’es sûr ? Oui oui. Ah bon)</li><li>« Louise Attaque », par Louise Attaque (les mecs, ils se sont foulés), 1997. Une soirée arrosée dans un café en bas du boulevard de l’Université. Chacun d’un côté de l’échiquier politique, deux copains débattent de l’avenir de l’économie tandis qu’une camarade répète trente-sept fois qu’elle nous emmène au vent et accessoirement au-dessus des gens</li><li>« Ok Computer », Radiohead, 1997. Cette année, je ne l’avais pas car c’est bien plus tard que j’ai écouté l’album en boucle pour aller au boulot. Je m’arrangerais toujours pour que les premières notes de « No Surprises » retentissent dans les rues de Puteaux, juste avant de m’engouffrer dans un immeuble de bureau un peu glauque. Une bonne manière de rester de bonne humeur toute la journée malgré tout</li></ul><h2>Biographie et souvenirs</h2><p>Je pourrais continuer. « Homogenic » de Bjork, mon premier chez moi. « Clandestino », Manu Chao, 1998. En fac, avec un copain, on se moque de son nom sur une affiche devant l’amphi Proudhon. Je ne sais pas encore que je vais écouter l’album 6 162 fois. Et puis Noir Désir, une discussion avec un pote de ma sœur au soir de leur concert (quand on croyait naïvement que seuls la musique et les textes de Cantat étaient violents)…</p><p>Je suis de ceux qui écoutent de la musique à peu près tout le temps (j’aime l’idée du silence, mais mon acouphène, moins. Avec lui, le silence n’existe pas). Pourtant, je n’avais pas encore pensé à la possibilité de l’utiliser comme support à souvenirs. Les idées les plus évidentes mettent parfois du temps à s’imposer. Dès ma prochaine biographie, j’en fais un point de départ de discussion. Ma narratrice a 90 ans. Va falloir que je bosse mes classiques. Ohé, ohé.</p><p>PS : Pendant qu’on parle de podcast et de musique, conseil ++ : <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/notre-incroyable-histoire-avec-victor-d%C3%A9m%C3%A9/">« notre incroyable histoire avec Victor Démé »</a>, sur RFI. Une belle histoire, bien racontée, bien anglée, parfaitement réalisée, de la musique qui fout les poils. Franchement, que demander de plus ?</p><p>MS (message de service) : si si, je suis en vadrouille. Faut pas croire, je sais programmer une newsletter, non mais</p>								</div>
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		<title>Nouveau tuto biographie : la prospection commerciale pour les nuls</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/histoires-dites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire familiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce que je déteste le plus dans la vie, juste après les crissements de craie sur un tableau noir et les raisins secs (et le sable qui colle à la peau et reste coincé entre les orteils aussi), c’est interpeller des gens qui n’ont rien demandé pour leur vendre ma soupe. Ça sentait le grand [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="3622" class="elementor elementor-3622">
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">Ce que je déteste le plus dans la vie, juste après les crissements de craie sur un tableau noir et les raisins secs (et le sable qui colle à la peau et reste coincé entre les orteils aussi), c’est interpeller des gens qui n’ont rien demandé pour leur vendre ma soupe. 
Ça sentait le grand moment de solitude le salon des seniors auquel j’ai participé avec le collectif Histoires dites. Et finalement, non. Chouette moment</h2>				</div>
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									<p>Sur un marché de Noël ou un vide-grenier, avez-vous déjà croisé le regard désolé du type qui s’ennuie ferme parce que personne ne s’intéresse à ce qu’il expose ? Avez-vous déjà eu de la peine pour son audacieux voisin qui vous attrape au passage pour vous vanter les mérites de ses pendentifs en authentique papier crépon issu du commerce équitable ? Se retrouver à leur place… la hantise !</p>								</div>
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									<p>Avec mes deux consœurs du collectif dijonnais <em>Histoires dites</em>, on a quand même tenté le coup en participant au salon des seniors il y a une dizaine de jours. Et on a trouvé la formule magique. Ou plutôt, pour rendre à César ce qui appartient à <a href="https://biographicus.fr/">mon association de biographes</a>, on a copié-collé-adapté des conseils entendus lors d’un papotage mensuel. Cette solution : un tableau blanc posé sur la table du stand, une question du style « que faisiez-vous le jour du premier pas sur la lune ? » et des Post-it pour y répondre.</p><h2>Je sens encore les brûlures</h2><p>Selon une étude réalisée à partir d&rsquo;un échantillon représentatif de cinq doigts mouillés, un visiteur sur trois lit la question , regarde ce qu’en disent ceux qui sont passés avant et adopte le regard intense de celui qui cherche à se souvenir. Il n’y a aucune gêne dès lors à lui demander ce qu’il faisait lui, puis à enchaîner sur une présentation du collectif et de nos métiers respectifs. Au mieux, ça l’intéresse. Au pire, c&rsquo;est un moment sympa d’échanges de souvenirs</p>								</div>
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									<p>Sur cette question de l’homme sur la lune, un visiteur m’a raconté qu’il se revoyait à la table de la cuisine. Il entendait les nouvelles au loin, les mains sur les tempes parce qu’il avait passé la journée de la veille sur la plage et qu’il était brûlé par le soleil. « On dirait que vous visualisez toujours la scène », lui ai-je dit. « Je sens encore les brûlures », a-t-il corrigé.</p>								</div>
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									<p>Comme toujours, ces événements marquants sont des prétextes pour évoquer une époque, pour parler de soi, pour rapprocher petite et grande histoire. Pas mal de réponses rigolotes sur mai 68 par exemple avec un délégué syndical nous racontant qu&rsquo;il s&rsquo;était fait tabasser au commissariat, puis quelques minutes plus tard, un ancien de l&rsquo;armée, coincé dans un char en marge des manifestations, au cas où.</p><p>Autres témoignages : une ex jeune fille de 16 ans qui habitait boulevard de la Bastille et regardait les pavés voler, une autre qui a séché les cours et a été inscrite dans un établissement privé trois mois plus tard pour lui apprendre à se révolter&#8230; Tout cela évoqué avec un sourire et une petite pointe de nostalgie. Ah, les doux souvenirs !</p><h2>Histoires dites</h2><h3>Que faisiez-vous quand le mur de Berlin est tombé ?</h3><blockquote><ul><li>J’étais en Allemagne. Les gens étaient euphoriques</li><li>Je me souviens de la joie des coups de pioche, de cette urgence à détruire le symbole</li><li>Je mangeais avec des amis. Nous commentions les événements en regardant la télé</li><li>Au pied du mur, Rostropovitch improvise un récital</li><li>J’étais à Berlin très peu de temps avant et un homme s’est fait tuer en tentant de le franchir. Quelle absurdité !</li></ul></blockquote><p>Nombre de visiteurs ont évoqué le 11 septembre. On a préféré éviter cette question trop inflammable, mais il est évident que c’est une date qui a marqué et que la plupart des gens savent ce qu’ils faisaient ce jour là. Amateurs de foot ou pas du tout, la plupart des gens se souviennent aussi de ce qu&rsquo;ils faisaient le soir de la finale de la coupe du monde 98.</p>								</div>
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		<title>Des arbres à abattre</title>
		<link>https://lheuredelaprose.fr/thomas-bernhardt/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L'heure de la prose]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;ai pris le temps. Voici le troisième conseil lecture promis depuis des calendes. Agrémenté comme ils se doit d&#8217;un lien vers une émission de radio qui en parle Après Albertine Sarrazin et son écriture poétique qui part en live à la moindre occasion ; après Émile Ajar et ses formules chocs à vous retourner les tripes, [&#8230;]</p>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-large">J'ai pris le temps. Voici le troisième conseil lecture promis depuis des calendes. Agrémenté comme ils se doit d'un lien vers une émission de radio qui en parle
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									<p>Après Albertine Sarrazin et son écriture poétique qui part en live à la moindre occasion ; après Émile Ajar et ses formules chocs à vous retourner les tripes, il est venu le temps du Thomas Bernhardt, un écrivain au style… Au style quoi d’ailleurs ? Si j&rsquo;ai laissé traîner, peut-être bien que c’est justement parce que j’ai du mal à répondre à cette question. Un refus d&rsquo;obstacle en bonne et due forme</p>								</div>
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									<p>Comment expliquer notre fascination pour ses longs ressassements, pour ses répétitions à n’en plus finir ? J’écris « notre » parce que <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-culture-change-le-monde/des-arbres-a-abattre-de-thomas-bernhard-un-roman-qui-change-le-monde-2769780">l’épisode de la série « les romans qui ont changé le monde » consacré au livre</a> « des arbres à abattre » confirme qu’il a d’autres aficionados l’Autrichien… ce qui m’a sacrément rassuré parce que je me demandais si c’était normal d’aimer un auteur si tordu</p><p>Son écriture, c&rsquo;est comme de la musique électronique ou du jazz, avec des boucles qui se répètent indéfiniment et qui vivent grâce à des petites variations ajoutées ici et là. J&rsquo;aime beaucoup l&rsquo;expression de l&rsquo;une des écrivaines invitées (je crois que c&rsquo;est Claire Fercak). Elle explique que le romancier semble « épuiser le sens des mots »</p><h1>Humour autrichien</h1><p>Non attendez, je reprends parce que c’est pas trop vendeur mon truc. Dit comme ça, ça fait lecture intello d’un auteur hyper conceptuel. Si vous écoutez l’émission, ce que vous entendrez d’abord, c’est le sourire dans la voix de l&rsquo;écrivain Mathias Énard et de ses deux invitées. Thomas Bernhardt, c’est drôle. « Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux », écrit-il dans un autre de ses romans, « Le Naufragé »</p><p>Attention. Pas d’amant dans l’armoire ni de tartes à la crème. Je dis pas que tout le monde va se fendre la poire. Mais pour ceux qui aiment ce style d&rsquo;humour, Bernardt, c’est un modèle d’écriture pince-sans-rire. Chroniqueur du temps et comique tout à la fois. « C’est Balzac avec une tronçonneuse », dit l’une des deux invitées (cette fois-ci, je crois bien que c’est Sarah Chiche). Dans ses livres, il faut bien reconnaître que l’auteur énonce un nombre incalculable d’horreurs (valait mieux pas être son ami si vous ne vouliez pas vous faire démolir en place publique, valait mieux pas être un Autrichien tout court plus exactement. Ni un artiste. Encore moins un parent), mais son tir aux pigeons, c&rsquo;est un exutoire <br />Voilà c’est ça. Thomas Bernhardt, c’est totalement excessif, mais le lire, c’est comme crier très fort ou se mettre tout à coup à dire un tas de gros mots parce que le marteau a ripé ou qu’un autre truc a mal tourné. Pourquoi t’as fait ça ? Aucune idée, mais ça fait un bien fou !</p><p>PS : <a href="https://lheuredelaprose.fr/ecriture-inspirante/">Mes deux premières lectures inspirantes</a> si vous les avez zappées</p><p>PPS : Jeudi 3 et vendredi 4 avril, je tiendrai un stand sur<a href="https://www.cotedor.fr/agenda/rendez-vous-au-salon-des-seniors-nouvelle-formule"> le salon « Bien vivre en Côte-d&rsquo;Or »</a> avec deux consœurs dijonnaises du collectif « Histoires dites ». Vous ne connaissez pas ? Normal, on vient de le créer</p>								</div>
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